Table

Bibliographie

Archives

 

Documentation 

Textes rédigés par le P. Jean-Baptiste

 

 

A bout de souffle

A qui le Royaume ?

Année sacerdotale

Attente

Amasser

Augmente en nous la foi

Aveugles

Baptisez-les au nom …

Baptisés dans l’Esprit

Bâtir sur le roc

Bon Pasteur

Carême

Catéchèse

Certitude de l’amour

Cet homme est Fils de Dieu

Chapelet et le Rosaire

Chemin de la rencontre

Choix obligatoire

Communication

Crèche et autel

Crois-tu ?

Culte des saints …

Défunts

Deviens ce que tu es

Dieu-avec-nous

 

Dieu guérit nos blessures

Don de la Parole

Donner

Donner sa vie pour…

Education

Eglise diocésaine

Emmanuel

Ensemble

Entrer en carême

Entrer dans le Royaume

Epreuves de la Foi

Esprit : Souffle de vie

Evangile : Bonne Nouvelle

Faire le point

Fais que je voie

Fonder l’Eglise

Glorifie ton Fils

Grain de solitude

Il fallait que …

Image de Dieu

Je compte sur toi

Je suis la vigne

Je suis venu

Jésus fidèle

 

Jésus s’arrête

Langue maternelle

Maître

Maranatha

Mission du prêtre

Mois de Marie

Mort : Laquelle accepter ?

Multiplication des pains

Nous sommes UN

Nouveau départ

Oeuvre du Seigneur

Offrir

Pain de vie

Pardon (conférence)

Pêcheur d’hommes

Possédés

Prendre la dernière place

Prenez et mangez ensemble

Parfait

Paroisse d’aujourd’hui

Pierre de fondation

Possédés

Parole qui vient ’ailleurs

Prêtre d’aujourd’hui

Prier

 

Profession de Foi …

Qu’attendons-nous ?

Rencontrer (conférence)

Rentrée

Rentée 09

Rencontrer la vie

Rentre chez toi

Ressuscité avec Jésus

Retournent chez eux

Sainte famille

S’en aller en paix

Se redresser

Si quelqu’un veut…

Signe du pain

Signe est donné

Temple de Dieu

Tentés comme Jésus

Trinité

Trinité - Rassemblement

Vacances

Vacances et Repos éternel

Veillez

Vie eucharistique

Vivre en plénitude 

 

Paroisse d’aujourd’hui, comment fonctionne-t-elle ? 

P. Jean-Baptiste, Curé de Montesson  (1988-2001)

 

Dans la tête de certains chrétiens, il reste encore le modèle du passé où la paroisse était gouvernée par un curé qui avait tout le pouvoir, qui décidait tout et qui menait toutes les affaires selon des normes établies une fois pour toutes. Un des exemples le plus connu : la messe. . Tout avait été fixé : les gestes, les paroles, les prières et chants...pour toujours et partout. Le prêtre n'avait que le sermon à préparer, à moins qu'il ne ressorte de ses tiroirs le sermon des années précédentes. Quant aux paroissiens, ils n'avaient qu'à répondre amen, même s'ils ne comprenaient  strictement rien de ce que disait le prêtre en latin. Aujourd'hui, tout est à construire chaque fois et les tâches sont partagées. Pour faire quelque chose, il faut se réunir, chercher des documents et s'entendre sur ce qu'on va faire. Beaucoup de préparation pour peu de chose. Mais, ce "peu" est partagé et engage une participation de la part des  paroissiens. Un autre exemple : la catéchèse. Cette tâche devient une "spécialité" qui demande une formation "spéciale". Les catéchistes suivent des cours de formation. On se réunit pour préparer les séances. On rassemble les enfants en petites équipes. C'est un exploit de trouver un moment qui satisfasse tout le monde. Il y a le sport, la danse, la musique... Les enfants sont très " occupés". Puis, les catéchistes ont encore à préparer les célébrations, les rassemblements, les messes, les retraites, les réunions de parents, les sacrements... une multitude de réunions. Il y a toujours des parents qui estiment que l'on ne fait pas assez... . Autrefois on créait des paroisses pour occuper les prêtres, aujourd'hui, il n'y a pas assez de prêtres pour "servir" les  paroisses. Autrefois, les paroissiens étaient "consommateurs », aujourd’hui, ils sont acteurs de la vie paroissiale.

"Stimulées par le Concile, des instances de coresponsabilité sont nées à tous les niveaux de la vie de l'Eglise : conseils paroissiaux, conseils diocésains, synode épiscopal. L'intérêt des laïcs et leur disponibilité à assumer la coresponsabilité représentent peut-être la contribution la plus précieuses et la plus importante de la période de l'après concile..." (Walter KASPER). 

Dans le Diocèse de Versailles qui est pourtant plus fourni en personnel que d'autres diocèses, certaines paroisses n'ont plus de prêtres à leur service. Il a fallu regrouper plusieurs paroisses pour faire des secteurs pastoraux. Ce qui va bientôt arriver dans notre Doyenné. Le manque de prêtres ne doit pas "paralyser" ni l'annonce de l'Evangile ni l’animation des communautés chrétiennes. Pour cela, dans chaque paroisse, des chrétiens se forment en Conseil de Gestion, Conseil pastoral, Equipe d'Animation. La paroisse de Montesson bénéficie encore de la présence des prêtres. Ils sont appelés à servir aussi dans les paroisses voisines. Les laïcs sont donc mobilisés non pas pour faire plus, mais pour être plus nombreux à assurer la vie quotidienne de la Paroisse. Sur la liste des laïcs " au service de la communauté" ne figurent que les noms des responsables d'équipes. Derrière eux, plusieurs personnes se sont engagées. Il reste pourtant encore des places vides !

Ý

Un choix obligatoire   BP- Montesson 104

 

Le choix est un exercice de la liberté personnelle, et il y des choix à faire dans la vie de chacun. Mais la liberté ne consiste pas à choisir n’importe quoi. Ce n’importe quoi est plutôt de l’ordre instinctif. Le propre de l’homme est de savoir choisir ce qui est bien, et le premier bien c’est la vie. Obligatoirement, pour rester vivant, l’homme n’aura pas d’autres décisions à prendre que celle-là.

On s’étonne de voir que des personnes ont « tout quitté » pour s’engager dans une situation de vie différente, moins confortable et souvent pleine de risques.  Elles ont tout simplement découvert la « vraie vie ».

L’appel de la vie nous désinstalle : reconversion professionnelle, déménagement, migration, expatriation…

Suivre Jésus ne veut pas dire « tout sacrifier », et surtout pas « se perdre ». Lui-même nous a dit : « Cela sert à quoi de gagner le monde entier si tu perds ta vie ? » (Matt.16,26).

On s’étonne aussi de voir des personnes qui « ont tout pour être heureuses », mais elles ne le sont pas. Nous en connaissons la raison : il ne leur manque que l’essentiel. Il leur suffira donc de découvrir cette chose essentielle et de faire un choix qui sera « obligatoire »… pour être heureux.

Ý

Rentre chez toi   BP Montesson 106

Marc 2 1- 12

 

Le paralytique dont parle l’évangile de Marc a perdu son « chez soi », parce qu’il a été « exclu » de la communauté. Il souffre de son handicap. Il souffre peut-être beaucoup plus du fait d’être exclu. Est-ce à cause de cela que Jésus a commencé par dire « Tes péchés sont pardonnés » ? Le péché, à proprement parler, n’est pas, comme nous pensons habituellement une non-observance d’un précepte moral, mais une rupture d’amour. Le paralytique a besoin d’être « pardonné » de cette rupture…Mais par qui ?

« Dieu seul », affirment les scribes. « Le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner » affirme Jésus. Et Jésus nous a appris à prier « Pardonne-nous comme nous pardonnons ».

Celui qui ne vit pas le pardon, n’a pas son « chez soi ». En excluant l’autre, il s’exclut lui-même, autrement dit, il se condamne. Une communauté qui exclut, se condamne elle-même. Elle n’a plus son « chez soi », elle a perdu son identité. 

Ý

 

Vraiment, cet homme était Fils de Dieu . BP Montesson 110

(Marc 15,39)

 

C’est un fait que juste avant sa mort, Jésus accueille la prière d’un bandit (Luc 23,43)  et que tout de suite après, le Centurion  reconnaît que Jésus est « Fils de Dieu ». Comment un bandit, un bourreau, un païen... arrivent-t-ils à croire en Jésus-Christ? 

L’évangile (Luc 4,18) nous a dit que Dieu est proche des petits, des pauvres, des malades et des pécheurs.  Il fait tout pour les libérer de leurs souffrances. Il les sauve.

Mais Dieu ne sauve pas par la force de sa puissance, il sauve par la force de son amour « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique »(Jean 3,13)  . La mort de Jésus sur la croix révèle le vrai sens de l’amour « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jean 15,13).

La foi en Jésus-Christ consiste à vivre sa vie comme un don gratuitement reçu et gratuitement donné, en particulier, pour le service des petits, des pauvres et des pécheurs.

  

Ý

Je suis la vigne      BP Montesson 113               

 Jean 15,5

 

… et vous êtes les sarments.  Demeurez en moi et vous porterez beaucoup de fruits ». Le chrétien « pieux » pense naturellement à  rapport d’intimité avec son Seigneur. Il  se donnera un temps important pour la prière, il se mettra à l’exercice de l’oraison, il entrera même dans une attitude de profonde adoration. C’est certainement louable de sa part. Il lui reste à bien remarquer que le Seigneur n’a pas dit « Je suis la vigne et tu es le sarment » mais « vous êtes… ». L’individualisme du « sauve qui peut » nous guette à chaque coin de  rue. Il nous est relativement facile de nous convaincre de l’amour du Christ, mais  l’amour du prochain nous pose toujours un  problème.

Nous demandons souvent au  Seigneur de « tailler » la branche de l’autre. Il nous est arrivé même de souhaiter qu’il « coupe » carrément la branche qui nous gêne.

Or, pour porter de bons fruits, il ne suffit pas de  ne pas tuer l’autre, de le laisser tranquille, il faut encore l’aimer, au moins, le respecter.

Il n’y aura pas d’autres fruits que ceux de la Charité, c’est-à-dire de l’Amour qui vient de l’Esprit.

Se rattacher au Christ, c’est se nourrir de cet amour-là. « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. »

Ý

Baptisez-les au nom du Père…    BP Montesson115

 

Le Baptême est un sacrement d’initiation, pas seulement en ce sens qu’il donne le point du départ de la formation chrétienne, mais surtout il révèle le mystère de la construction de l’être humain. L’homme n’est humain que dans la mesure où il cherche à devenir plus en plus « Père – Fils – Esprit ».Ces mots, nous pouvons les « prendre » dans notre langage courant : Le père est celui qui donne la vie, le fils est celui qui accueille la vie, l’esprit (pneuma : souffle) est celui qui anime cette même vie donnée et reçue. Simple comme manière de voir, mais concrète comme manière de pratiquer. Et en mettant « notre vie  en pratique » - donner la vie, recevoir la vie, animer la vie - nous arrivons à « comprendre » ce que signifie «  au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». La foi en Dieu Trinité est au cœur de notre vie. car il s’agit de la vie. Il s’agit de l’homme, de l’humain. « Dieu ne pourra diviniser que ce que l’homme a humanisé ». La Foi en Dieu ne peut venir que dans l’accueille joyeuse de la vie.

 

Ý

Le Don de sa vie    BP Montesson 120

 

A travers les images - scribe imbu de sa personne, veuve sans ressource -, Jésus appelle ses disciples, c’est-à-dire les chrétiens à partager les biens matériels, à se donner aux autres.

Les phares de l’évangile nous interrogent sur nos attitudes et comportements

quotidiens: « robes solennelles – salutations sur les places publiques – premiers rangs dans les synagogues – les places d’honneurs dans les dîners… »

Jésus ne vise pas les choses comme telles, mais les attitudes et les comportements: « ils aiment… Ils dévorent… ils affectent… »

Face à cela, d’autres valeurs nous sont proposées, à l’image de cette veuve qui, elle-même, préfigure Jésus qui va donner sa vie. « Elle a donné tout ce qu’elle a pour vivre » autrement dit « elle a donné sa vie ».

Pour arriver à ce degré de sainteté, deux vertus évangéliques sont suggérées : l’obéissance de Jésus à la mission reçue et son humilité dans le  rapport avec les autres.

 

Ý

 

Une parole qui vient d’ailleurs   BP Montesson 122

 

Tout a été nommé : empereur, roi, gouverneur, prêtre et grand-prêtre ; empire et nation, société et religion… La parole de Dieu n’a pas trouvé son chemin à travers ces montagnes et ravins, passages tortueux et routes déformées… Heureusement la Parole n’est pas morte et Jean, à travers ce désert,  a fait l’écho à la prophétie d’Isaïe : « Préparez un chemin pour le Seigneur… »

La parole vient et revient à chaque époque, malgré les obstacles multiples. Trouvera-t-elle de nouvelles voix pour la crier dans ce désert du monde actuel ?

 

Ý

 

Ils retournent chez eux  BP Montesson 124

 

Les Mages sont venus d’ailleurs, de loin, pour trouver le Sauveur. Une fois trouvé « ils retournent chez eux par un autre chemin ». L’autre chemin est celui de la conversion ; comme nous avons l’habitude de l’interpréter. Ce qu’il est important de souligner c’est « ils retournent chez eux ». Ils ne restent pas ni à Bethléem, ni à Jérusalem, ni en Judée…Ils retournent chez eux. Cela doit être chez les « païens ».

L’épiphanie est la fête de l’universalité du salut : l’Eglise n’est catholique que si elle devient « signe de la rencontre de toute humanité avec Dieu » . elle ne serait pas catholique, si elle empêchait les hommes de « retourner chez eux ».

Les voyages du Pape sont un petit signe d’ouverture. Il reste, pour l’Eglise,  un pas énorme à franchir : s’incarner dans la vie des hommes.

 

Ý

 

Evangile : Bonne nouvelle  BP Montesson 125

Jésus est venu nous apporter le salut. Puisque le mot « salut » vient du latin « salus » qui signifie la santé. Nous comprenons pourquoi Jésus était attentif à la situation des malades, handicapés, pauvres, petits …

Tous les missionnaires, en annonçant l’Evangile (la Bonne - Nouvelle), cherchent à ouvrir des centres de soins, des écoles, à construire des logements, à trouver de la nourriture... Certains s’investissent dans l’éducation civique; d’autres s’engagent dans la lutte pour les droits de l’homme, pour la promotion humaine, au risque de leur vie.

Un chrétien ne peut rester indifférent aux injustices, à l’exploitation humaine, sous peine de trahir l’Evangile et de perdre son identité chrétienne.

 

Ý

Le parfait  BP Montesson 127

 

Habituellement, le chrétien cherche à être « parfait ». Ce terme est compris dans le sens d’une « perfection morale », c’est-à-dire l’acquisition des valeurs ou des vertus. Or l’évangile proclame « fils du Père » celui qui aime ses ennemis. La perfection évangélique se situe donc dans l’amour, plus exactement, dans la charité – l’amour qui vient de Dieu - seul capable d’un amour total pour les ennemis comme pour les amis.

Mais qui est mon ennemi ? – Celui qui cherche à me faire du mal, ou celui qui m’a fait souffrir. Peut-être sans faire exprès. Un vieux bouddhiste me dit un jour: « Les méchants sont des gens malheureux. Il ne faut pas les accabler. Il faut les aider.» Et il ajouta : « Si vous êtes vraiment bon, pourquoi êtes-vous touché par la méchanceté ? ».

Est-ce dans ce sens-là que Paul parle de l’homme « spirituel » qui vient après l’être « humain ». Le chrétien est appelé devenir « spirituel … à l’image de celui qui vient du ciel » (Cor 15,45-49). Un tel être se place au-dessus de la mesquinerie et de la méchanceté

 

Ý

Trinité   BP Septeuil n° 7

 

Je crois en Dieu, 

le Père tout-puissant, Créateur

Je crois en Jésus-Christ, son Fils,

notre Seigneur... Ressuscité.

Je crois en Esprit-Saint… qui donne la Vie

 

On a tout dit et on n’a rien dit. De toutes manières, nous ne pouvons pas dire grande chose  sur le Mystère de Dieu Trinitaire. L’important n’est pas de dire quelque chose de précis sur Dieu que « Personne n’a jamais vu », mais de découvrir notre humanité créée à l’image de Dieu et au nom duquel les chrétiens ont été baptisés.

 

Si Dieu le Père est « Créateur », nous sommes appelés à être aussi père et créateur, chacun à sa manière. Si Dieu est le Fils ressuscité, nous sommes aussi fils et ressuscités. Si Dieu est Esprit qui donne la vie, nous avons aussi à donner la vie.

 

Créer, c’est faire quelque chose à partir de rien. Dieu n’a pas créé « à partir de rien », mais c’est par sa Parole, par son Verbe que tout a été fait. Au commencement, était la Vie et la Vie était la lumière des hommes. (Jean 1,1-4)

 

Ressusciter n’est pas une action du futur, mais celle de tous les jours. « Lève-toi et marche! ».

 

Vivre n’est pas uniquement « manger et boire », mais respirer de l’amour qu’on accueille et le transmettre aux autres.

Ý

Vacances d’été…….    BP Septeuil n° 8

 

Malgré l’étymologie du mot, les vacances ne sont pas un temps à « ne rien faire ». Dans la tradition salésienne, elles sont même un temps précieux pour refaire les forces physiques et intellectuelles, ce que dit aussi le Concile Vatican II : « Que les loisirs soient bien employés pour se détendre et pour fortifier la santé de l’esprit et du corps : en se livrant à des activités libres et à des études désintéressées ; à l’occasion des voyages en d’autres régions (tourisme) qui affinent l’intelligence et qui, de surcroît, enrichissent chacun par la connaissance de l’autre ; un bon équilibre psychique, individuellement et aussi collectivement, et à établir des relations fraternelles entre les hommes de toutes conditions, de toutes nations… Que les chrétiens collaborent donc aux manifestations et aux actions culturelles qui sont de leur temps, qu’ils les humanisent et les imprègnent d’esprit chrétien. » (Gaudium et spes, n.61)

On trouve dans l’évangile la recommandation de Jésus : « Venez à l’écart, dans un lieu désert et reposez-vous un peu. » (Marc 6,31) C’est toujours dans le sens de « re-poser » après un temps d’activité intense où la force a été « dé-posée ». Le repos est devenu autant plus important du fait que le travail dans la société actuelle, n’a pas seulement fatigue l’homme, il a même faussé le sens de sa vie : l’homme ne travaille pas pour vivre, il travaille pour gagner davantage (avoir, savoir, pouvoir). Tant qu’il n’est pas le plus riche, le plus intelligent, le plus fort il continuera à travailler.

Il est donc nécessaire, au risque de perdre sa vie, que l’homme trouve un temps de vrai repos. Pour nous chrétiens, le Dimanche est un temps de nous-reposer : de remettre notre vie dans la rencontre, l’écoute,  l’offrande, le service. Tels sont les quatre moments de la messe qui sera un guide précieux pour les vacances d’été : un temps de nous réapprendre à rencontrer, écouter, offrir et servir.

Ý

… et Repos éternel   BP Septeuil n°8

 

« Requiem aeternam dona eis, Domine » :  Donne-leur, seigneur, le repos éternel. (Chant d’entrée de la messe des Défunts).

 

Cette expression ne traduit-elle pas une certaine déception d’une vie pénible, marquée par des efforts, des sacrifices, des échecs? La vie ne serait que « la vallée de larmes » comme chantent les chrétiens dans le « Salve Regina ». Ils aspireraient à la délivrance finale pour le repos éternel. Cette spiritualité a marqué des générations de croyants. Comment peut-on encore croire en un Dieu qui mettrait l’humanité dans une telle situation ?

« La vallée de larmes » vient d’une permanente insatisfaction. L’insatisfaction vient de la volonté d’être toujours le meilleur. Quelle humiliation d’être diminué, d’être inutile, d’être à la charge des autres. L’exemple des Bleus, superstars, divinisés … condamnés à être invincibles. Éliminés au premier tour, ils nous montrent qu’ils ne sont que des hommes. Les échecs font partie de la vie.

Saint Paul nous dit : « Aucun de nous ne vit pour soi-même, et personne ne meurt pour soi-même ». (Rom 14, 7) Notre vie ne nous appartient pas. Nous n’avons pas créé notre vie. La vie nous a été donnée et nous sommes responsable de son épanouissement. Dieu ne nous laisse pas seul devant cette responsabilité noble et lourde. Ils nous confie les uns aux autres. Il nous a envoyé son Fils nous accompagner.  Jésus dit : «Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jean 10,10).

La mort n’est pas la fin de la vie. Elle ne doit non plus être une solution à nos problèmes. Elle est un passage, la Pâque. Nous n’allons pas prendre notre « retraite éternelle », nous n’allons pas profiter de notre «retraite céleste». Nous sommes « re-posés » dans un autre mode de vie et le qualificatif « éternel » nous montre, en effet, que cette vie ne s’arrêtera jamais. 

Jésus dit encore : « Je suis la résurrection et la vie » (Jean 11,25). Celui qui est capable de se lever après chaque chute, de  resurgir après chaque échec, reçoit  déjà la grâce de la résurrection. Il est « re-posé » en Dieu.

 

Ý

Multiplication des pains

ou miracle du partage

 

Ne nous laissons pas enfermer dans cette vision matérielle du pain, comme unique objet de consommation. Ouvrons‑nous à la signification du geste évangélique du partage.

Il y a d'abord la compassion (souffrir‑avec) de Dieu manifestée en Jésus‑Christ, devant la foule assoiffée de la Parole. La prédication de Jésus a profondément marqué ses contemporains, parce qu'il est « inspiré de Dieu, comme dit Saint Paul, utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice » (2 Trn 3,10). Ce dont le peuple a vraiment besoin, plus que le pain matériel. C'est pourquoi, les cinq pains rappellent les cinq livres de la Torah, les deux poissons, les deux Tables de la Loi.

II y a ensuite, les soucis des Apôtres, devant la foule fatiguée et affamée, qui a besoin d'être nourrie.

II y a ce partage de responsabilité entre Jésus et les Apôtres, chargés de répartir les gens par groupe (image de la communauté) et de distribuer les pains. Les douze paniers qui restent (rabondarxe de la grace de Dieu) sont destinés aux absents. C'est encore aux douze apôtres de continuer le miracle du partage. Le sens de ce geste se trouve dans la prière eucharistique de Jésus.

Aujourd'hui, en venant à la messe, les chrétiens doivent prendre conscience de leur responsabilité dans le monde et surtout devant la foule affamée de justice et de paix. Ils ont à fonder des Eglises, à mettre les gens en relation les uns avec les autres : équipes, groupes, associations, mouvements, communautés qui sont des lieux de partage.

 

Ý

Si quelqu’un veut   BP Septeuil n° 10

 «Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même,

qu’il prenne sa croix et qu’il me suive» Mt 16,24

 

Cette parole concerne les personnes qui se trouvaient autour de Jésus. Les unes appréciaient son enseignement et désiraient le suivre comme « disciples ». Les autres cherchaient un peu égoïstement  « la perfection personnelle ».  Certains voulaient même « avoir  une bonne place dans son Royaume ». On est encore loin de la Bonne Nouvelle dans la mesure où l’on ne voit chacun que son intérêt. 

 

Jésus n’est pas seulement le Messie, le Sauveur, le Libérateur, il est surtout « Fils du Dieu vivant » comme déclara Simon fis de Yonnas. Il n’est pas venu seulement pour nous guérir, mais pour nous consacrer : il fait de nous les enfants du Père. Il s’agit là pour l’univers , d’une nouvelle création, et pour nous d’une vraie conversion. Pour devenir l’homme nouveau, dans un monde nouveau – le Royaume de Dieu -  il nous faut donc quitter le vieil homme que nous sommes :  renoncer à notre petite vie tranquille. N’est-ce pas le sens d’une autre parole de Jésus : «Si tu veux être guéri, lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi» : Si tu veux ressuciter, assume ta responsabilité et deviens ce que tu es . C’est là l’épreuve, la  souffrance, la  croix de tous les jours. Voulons-nous prendre le chemin de Jésus ? Oui ou non ? Le choix est là. Question de vie ou de mort.

 

Pour nous aider dans ce choix et cet engagement, des communautés de foi sont nécessaires. Elles sont des lieux où Jésus se manifeste et accompagne les hommes.   

 

Ý

A qui le Royaume ?  BP Septeuil n° 11

Jésus est venu pour « annoncer » le Royaume de Dieu. Il « révèle » le sens de la Création d’un monde où règne l’harmonie parfaite entre tous les éléments de l’univers.  Paul nous dit que le Royaume de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson; il est justice, paix et joie dans l’Esprit. (Rom 14,17)

N’enfermons pas l’évangile de ce dimanche (Mt 21,33-43) dans un contexte anti-judaïste primaire, en croyant que Dieu a confié son Royaume à l’Eglise chrétienne que nous sommes. Si la clé du Royaume a été donnée à Pierre (Mt 16,19), il nous reste à nous chrétiens de construire l’Eglise de Jésus-Christ et de laisser la porte  ouverte aux hommes que Dieu aime.

Quelle Eglise construisons-nous si elle n’est pas de justice, de paix de joie?. Ou bien avons-nous fondé notre justice, notre paix et notre joie   uniquement  dans un  système  économique et politique?  Alors que saint Paul parle de l’Esprit. Ne faut-il pas aussi commencer par regarder  notre famille, notre « Eglise domestique » avec le même regard et en vérifier le fondement pour peut-être  rectifier  le fonctionnement.

Laissons-nous habiter par l’Esprit  pour accueillir le Royaume de Dieu dans notre vie personnelle et familiale. 

Ý

 

Le culte des saints et les souvenirs des morts.   BP Septeuil n°12

 

C’est la fête de tous ceux qui sont près de Dieu, après être passés, comme nous, sur la terre. L’Evangile en fait l’appel à l’avance, en commençant par les plus pauvres.

On n’est pas « saint » par mérite, mais par « élection », puisque c’est Dieu qui nous sanctifie.  Les saints vénérés dans l’Eglise, ont été reconnus par l’Eglise : ils ont été « canonisés ». Leur nombre se situe  autour de 40.000. Le culte des saints apparaît dès le II° siècle en Orient. Les chrétiens prennent alors l’habitude de se réunir près des tombes des martyrs ou sur le lieu de leur supplice, en particulier le jour anniversaire de leur mort ; cet anniversaire est très rapidement célébré comme celui de leur véritable naissance, leur naissance au ciel.

Si la Toussaint est la fête de tous ceux qui sont près de Dieu, il est tout à fait juste de penser aussi à nos parents défunts. A la Toussaint, nous allons au cimetière et le lendemain, l’Eglise célèbre la commémoration des Défunts.

Au Vietnam, le « culte des Ancêtres » est pratiqué par des chrétiens. Est-ce contraire à la foi catholique ?

Je ne le pense pas si on le situe dans le cadre du IV° commandement « Honore ton père te ta mère, c’est le premier commandement accompagné d’une promesse :  afin que tu aies bonheur et longue vie sur terre » (Eph 6,1). Que signifie pour le Vietnamien que je suis ce commandement ? Le culte des Ancêtres, consiste à respecter et aimer la vie que j’ai reçue de mes parents, à prendre soin de ma santé, à m’engager pleinement dans le monde… C’est une fidélité, la plus grande fidélité, puisqu’il s’agit de la vie. Elle résume toute  la Mission même de Jésus :« Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance » (Jn 10,10)

Alors, qu’allons-nous faire au Cimetière à la Toussaint? Nous allons dire à nos défunts que, malgré notre douleur,  nous sommes heureux qu’ils soient dans la paix avec Dieu. Nous demandons qu’ils nous aident à assumer notre vie, afin que nous soyons dignes d’eux. 

 

Ý

Qu’attendons-nous ?   BP Septeuil n°13

 

Ce précieux temps de l’Avent nous permet de voir ou revoir le sens de notre vie.

La prière du matin (voir l’encadré) nous présente  les éléments et/ou les étapes de ce projet de Dieu sur chacun de nous:

       crées,

       sauvés,

       envoyés

       accompagnés

La question est de savoir si notre vie  correspond  à ce projet:

     - à la  louange pour le service ?

     - à l’obéissance pour le règne de Dieu ?

     - à la Parole qui sauve?

     - à l’inspiration de l’Esprit de Dieu?

 

Quelles sont les réactions devant les joies et les peines de notre vie personne, les difficultés de la vie familiale, les problèmes de la société, la justice et la paix dans le monde?

 

Attendons-nous passivement des solutions, sans nous engager positivement dans le projet de Dieu?  Collaborons-nous à l’action  de l’Esprit qui travaille les coeurs des hommes?

 

Ý

Le signe est donné

 

Noël est une fête pour tous, croyants ou non. La fête religieuse est devenue une fête populaire. Mais c’est toujours une fête. Depuis les grandes villes jusqu’à nos tout petits villages, des lumières éclairent : rues, places, chemins, maisons, magasins …  On prépare les cadeaux, les repas, on téléphone, on écrit, on présente les vœux.

Les plus heureux de tous, ce sont les enfants, les plus petits, parce qu’ils voient ce que les adultes ne voient pas : le merveilleux (ce mot évoque le miracle, le surnaturel)

Et nous, adultes  hommes et femmes du XX° siècles, soucieux du pouvoir comme Hérode, embrigadés par la loi comme les gens de Jérusalem; assoiffés du savoir comme les mages; en quête d’une meilleure condition de vie comme les bergers... Que signifie pour nous cette fête de Noël?  Quel signe dont nous avons besoin pour notre vie?  Croyons-nous à cette annonce: «  Et voilà le signe qui vous est donné: vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »?

Cette fête de Noël doit être la fête de notre propre naissance, de notre enfance. Soyons comme des enfants et nous serons vraiment  heureux

 

Ý

S’en aller en paix

 

Heureux ceux qui peuvent en toute sincérité dire : « Maintenant je peux m’en aller en paix ».

Que ce soit pour partir ailleurs.

Que ce soit pour quitter cette terre à l’heure de la mort.

Mais la vie comporte des départs multiples, dans les étapes à franchir, les décisions à prendre.

Comment naître heureux sans avoir été porté dans l’amour?

Comment devenir  adolescent épanoui sans avoir été  un enfant bien élevé?

Comment être véritablement adulte, sans avoir été un adolescent responsable? Comment prendre une  retraite  paisible sans avoir été un bon travailleur  ?

Je me rappelle cette prière récitée dans mon école tous les matins « Que ta grâce inspire notre action, Seigneur, et la soutienne jusqu’au bout, pour que nos activités prennent leur source en toi et reçoivent de toi leur achèvement. »

« Tout est accompli » dit Jésus avant de mourir.

 

Ý

Entrer en carême

 

En Israël, contrairement à d’autres religions, le jeûne n’est pas un exploit ascétique. Il est surtout une attitude de dépendance à l’égard de Dieu. Il prépare l’homme à la rencontre, au pardon collectif ou individuel. Il est inséparable de l’aumône et de la prière.

« Voici le jeûne qui m’est agréable, dit le Seigneur, détacher les chaînes injustes, défaire les liens du joug, renvoyer libres les opprimés et briser tous les jougs. Tu partageras ton pain avec celui qui a faim, tu accueilleras chez toi les pauvres sans abri, tu vêtiras celui que tu vois nu au lieu de te dérober devant lui, car il est ta propre chair » ((Isaie 58,6-7)

Pour nous, chrétiens, entrer en Carême, ne sera donc pas entrer dans un temps de privation négative, mais dans un temps d’action positive:

            - un temps pour rencontrer,

            - un  temps pour partager,

            - un temps pour prier,

            - un temps pour respirer

Prendre tout simplement ces temps  pour  mieux vivre.

 

Ý

Vivre en plénitude

 

Une personne, en me donnant le  livre de M.Ph.Hoppenot « Cette vie qui m’est donnée », exprimait sa joie de voir que j’ai la même manière de regarder la vie. Ces lignes suivantes diront mieux ma pensée:

« Comme chrétien, je prendrai le risque de dire que c’est la mort qui donne du prix à la vie. Nous n’avons qu’une vie. Il vaut mieux le considérer avec réalisme et ce qui n’est pas fait maintenant ne sera jamais fait. Nous n’avons pas à nous laisser vivre comme si nous avions plusieurs vies pour compenser les failles, les ratages d’une première vie. Le seul moyen, si j’ose dire, d’avoir une bonne mort, c’est d’abord vivre en plénitude, de s’épuiser dans la tâche d’aimer et de servir. Alors oui, le paradoxe évangélique se vérifie: Qui perd sa vie à force de la donner, la gagne… Et la loi surprenante du monde végétal devient la loi du monde spirituel: le grain de blé qui meurt ne reste pas seul, il porte beaucoup de fruit! » (Claude Greffé).

Je termine en citant une pensée d’André Comte-Sponville : « Pour celui qui veut imiter Jésus, il ne s’agit pas tant d’espérer ou de croire comme lui mais d’aimer comme lui. »

 

Ý

Le grain de la solitude

 

« Vivre c’est rencontrer ». L’Editorial du Petit journal (vert) a proposé une interprétation de la résurrection de Jésus. Récemment, dans l’Homélie sur le sacrement de la Réconciliation, j’ai aussi  proposé une interprétation de la Création.

Dieu est « communion » . Il est « communion dans sa Trinité ». Mais la Communion, par définition, cherche toujours à entrer en communion. Donc, Dieu dit, je vais créer l’homme pour entrer en communicationavec lui. « Si quelqu’un m’aime, dit jésus, il gardera ma parole, et mon père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure » (Jean 14, 23). Puisque Dieu est communion, vivre c’est rencontrer. Créer pour Dieu, c’est rencontrer. Dans la création de l’homme, Dieu voit qu’il n’est pas possible pour Adam de vivre seul,  alors il  crée la femme. (Eve = la mère des vivants). La création, en ce sens, c’est l’Amour qui entre en  Relation.

« Si le grain de blé tombé en terre, ne meurt pas il reste seul » (Jean 12, 24)  Suprême paradoxe, alors que par ailleurs, Dieu nous dit « Je te propose de choisir ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur… » (Dt 30,15). Il semblerait que la solitude soit pire que la mort. Le suicidé tue la vie pour sauver l’existence, pour montrer qu’il existe et qu’il est seul, ignoré des autres ou bien qu’il n’est pas reconnu comme il l’aurait souhaité. 

 

Pour cette année pastorale nous avons choisir de vivre l’Accueil et nous avons orienté notre réflexion sur le rapport entre les gens dans les villages. Il s’agit toujours de la rencontre. Puisque c’est dans les rencontres que nous découvrons le sens de notre vie. C’est dans la rencontre que nous découvrons l’amour.

« Toute rencontre est une grâce ». Cette affirmation expliquerait pourquoi nous n’arrivons pas toujours à avoir des vraies rencontres; pourquoi le dialogue ne s’établit pas. Nous cherchons toujours les mots justes. Mais la communication n’est pas seulement dans les mots, si résonnants soient-ils, elle passe surtout par la parole échangée. « Et le Verbe de Dieu s’est fait chair et il a demeuré parmi nous. »

Reprenons la prière des disciples d’Emmaüs: « Reste avec nous, Seigneur, car il se fait tard » (Luc 24,20), la nuit de l’ incommunicabilité nous guette.

 

Ý

Il fallait que

 

Plusieurs fois, dans l’évangile, Jésus prononce cette parole: « il fallait que… ». Résignation ou fatalité? Ni l’une ni l’autre,  sinon il n’aurait pas déclaré: «Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne». Jésus est tout simplement fidèle à sa vie, plus exactement, fidèle au Projet de Dieu.

 

Dans un monde de soupçon, de doute et de peur, la foi apparaît comme essentielle. Nous ne pouvons rien envisager sans fonder  notre projet sur la promesse de Dieu et la force de la vie.

 

La promesse de Dieu: « N’ayez pas peur, j’ai vaincu le monde... C’est par votre persévérance que vous êtes sauvés », nous dit  Jésus.

 

La force de la vie: La souffrance, les épreuves de toutes sortes ne datent pas seulement aujourd’hui. « Le chemin est toujours difficile, dit la sagesse orientale, il n’est pas difficile à cause des montagnes et des ravins, il est difficile à cause de l’homme qui redoute les montagnes et les ravins. » 

 

Ý

Le mois de Marie

 

Marie a une place importante dans l’Eglise. Elle représente pour beaucoup de chrétiens, l’idéal de la sainteté. Sa dévotion pose quand même des problèmes lorsqu’elle s’arrête à un sentiment religieux sans progresser dans la foi.

 

Parmi les 49 titres attribués à Marie dans les Litanies, on compte 12 titres de « Reine », 11 titres de « Mère », 6 titres de « Vierge ». A travers ces 49 titres et tant d’autres qui ne sont pas évoqués dans les Litanies,  des hommes et des femmes qui vénèrent Marie, mais aussi projettent, transfèrent , subliment leurs besoins, leurs désirs, leurs satisfactions et leurs insatisfactions… Quand la dévotion ne répond qu’ aux aspects émotionnels et affectifs de l’existence humaine, elle peut devenir maladive ou superstitieuse.

 

La piété a  tendance de considérer Marie comme une personne en soi, et, en ce sens absolue, alors que la théologie considère surtout  la double fonction de Marie à Jésus et à l’Eglise.

 

Le Concile Vatican II proclame Marie « Mère de Dieu, mère du Christ et mère des hommes » (LG §54). Elle est donc en elle-même « mère », femme comblée de grâce; mais parce qu’elle est choisie pour être « mère du Fils de Dieu », et par conséquent, mère de tous les hommes.

 

La vraie dévotion à Marie doit être fondée sur l’élection divine:« Réjouis-toi, Marie, toute-aimée de Dieu ». En Marie, nous reconnaissons l’amour infini de Dieu dans le mystère de l’incarnation. Dieu est devenu humain dans le sein maternel de Marie. En Marie nous reconnaissons aussi la sollicitude Dieu, quand Jésus, avant de mourir, dit « Voici ta mère, voici ton fils ».

 

Dans la prière des parents pour leurs enfants, Jean-Paul II écrit « Et quand nous ne serons plus là pour les entourer de notre affection, soyez près d’eux pour les couvrir de votre regard maternel, pour les garder à travers la vie, afin qu’un jour nous soyons tous réunis dans la maison du Père. »

 

Par Marie, Dieu nous porte chacun dans son cœur. Il nous enveloppe d’une tendresse infinie.

 

Ý

Le Chapelet et le Rosaire

 

Littéralement c’est le « petit chapeau » , au sens de couronne. Le mot a ainsi une origine analogue à celle du mot rosaire: l’une et l’autre vient de l’usage , au Moyen âge, de couronner de roses les statues de la Vierge Marie, chaque rose  symbolisant une prière. D’où l’idée de se servir d’un collier  de grains pour prier.

Pour leurs invocations les musulmans se servent quant à eux, d’un chapelet de 99 grains correspond aux différents noms ou attributs donnés à Dieu par le Coran (le centième nom ne devant être révélé qu’au ciel). Les religions brahamanique et bouddhiste connaissent de longue date l’usage d’une prière analogue au chapelet pour la méditation.

 

La récitation du chapelet comporte cinq dizaines de « je vous salue » , chaque dizaine étant introduite par un « Notre Père » et conclue par une « Gloire au Père » . Un rosaire correspond à la récitation de trois chapelets, c’est-à-dire 150 « Je vous salue » qui rappellent 150 Psaumes.

 

Pendant la récitation du chapelet ou du rosaire, on médite sur la place de Marie dans le mystère du salut pour s’y associer; cette méditation porte sur

Les cinq mystères joyeux: Annonciation, Visitation, Nativité, Purification, Jésus retrouvé au temple.

Les cinq mystères douloureux: Agonie au jardin des oliviers, Flagellation, Couronnement d’épines,  Portement de croix, Mort du Christ sur la croix.

Les cinq mystères glorieux: Résurrection, Ascension, Pentecôte, Assomption, Couronnement de Marie.

Jean-Paul II vient d’ajouter les cinq Mystères lumineux:

Le Baptême au Jourdain, les Noces de Cana, la Prédication de Jésus, la Transfiguration, l’Institution de l’Eucharistie.

 

Le chapelet est une forme de spiritualité à la porté de tous. Quand la récitation est faite par plusieurs personnes , elle devient un dialogue spirituelle. Cette prière nous aide à trouver une nouvelle forme de communication. La salutation de l’ange Gabriel - Messager de Dieu - remplacera notre parole quand elle ne passe plus. 

 

Ý

Le Don de la Parole

 

« Et le Verbe de Dieu s’est fait chair, et il a demeuré parmi nous » (Jean 1,14)

Le prologue de la Bonne Nouvelle de Jean nous dit ce qu’est la Parole. Elle n’est pas une suite de mots qui sonnent peut-être bien mais qui ne disent rien. Elle est essentiellement une communication interpersonnelle. La parole n’est parole quand elle crée une rencontre entre les personnes.

« Après avoir parlé, autrefois aux ancêtres par les prophètes, aujourd’hui, Dieu nous parle en un Fils… Ce Fils porte l’univers par la puissance de sa Parole » (Hb1,1)

 

Si la Parole de Dieu est son Fils qui donne vie au monde, notre Parole à nous doit être vivante.

 

Dans nos rencontres, n’aurions-nous  pas souvent meublé nos échanges avec  les actualités-télé ou avec la une des journaux? Alors que les choses de la vie, qui font notre vie, sont laissées de côté. Le fameux «comment ça va?» n’est pas une «parole» quand elle n’attend pas une vraie réponse.

 

Ý

La Profession de Foi et la Confirmation

 

Les 3 sacrements de l'initiation chrétienne renvoient à ces 3 dimensions : le baptême signifie la vie reçue du Père, la communion le don du Fils, la confirmation l'appel de l'Esprit Saint.

Le baptême révèle que la vie ne peut venir que du Père : la vie comme naissance .

La communion exprime le mystère de la vie comme don.

La confirmation signifie la vie comme croissance.

 

La profession de foi, autrefois appelée « communion solennelle », n'est pas en ce sens, un sacrement. Dans beaucoup de pays, elle ne se pratique pas. Par contre, ce que nous appelions « communion privée » la première communion, elle ne l’est pas pour ces pays-là. Le terme « privée » est d’ailleurs un contre-sens.

Certaines paroisses ont choisi de célébrer des professions de foi sans Eucharistie. Tout le monde peut faire profession de foi, même sans avoir jamais communié, même sans être baptisé . Ici dans nos paroisses, nous choisissons de la célébrer  dans le contexte de l'Eucharistie, et l'ensemble des jeunes ont déjà la première communion.

 

Faire profession de foi signifie : dire sa foi. Cela nous renvoie à l'expression donc à l'identité . Notre enfant a-t-il conscience de ce qu'il est ? Peut-il dire : je suis moi (le cordon ombilical étant coupé), j'ai ma propre parole, alors qu'à mon baptême,  quand j'étais encore bébé, mes parents ont parlé pour moi?

L'être humain est un être de parole. L'enjeu pour nos enfants est d'arriver à dire une parole vraie et personnelle; ils n’auront plus à répéter comme des perroquets. Quand l'homme perd sa parole, il n'existe plus. . 

 

La profession de foi marque une étape de l'éducation : comment aider mon enfant à avoir sa parole à lui. Le catéchisme est un lieu où normalement les enfants ont le droit de dire ce qu'ils veulent. Libérer la parole, c' est libérer la personne humaine. Dire ma foi, c' est dire ce que je crois, ou tout au moins ce que j' aime, ce qui est important pour moi, et non pas seulement ce qui fait plaisir aux autres. Dire ma foi c’est aussi dire mes convictions. On ne peut construire sa vie sans être convaincu de quelque chose. Nos convictions se traduisent en valeurs, sans elles nous, parents, ne pouvons pas éduquer nos enfants, nos paroles  ne « passeront» pas .

 

La confirmation renvoie à l'Esprit Saint et à la Pentecôte. Les apôtres avaient beaucoup reçu de Jésus, mais ils avaient peur d’en parler, de témoigner.  A la Pentecôte, l'Esprit Saint est venu les fortifier, les confirmer dans la mission. La mission : un «je » qui envoie « toi » vers «eux ».

Jusque vers 10-12 ans, l'enfant reste encore égocentrique. A l’adolescence, le jeune doit dépasser le «moi» pour aller vers les autres. Il faut pour cela avoir cette maturité qui se traduit par la capacité de prendre des décisions personnelles.

 

Lors d’un retraite de Confirmation, des jeunes posent la question : faut - il vraiment faire tout ça ? Quand Jésus dit « Je vous ai établis afin que vous alliez… » il rappelle que si l’homme a été créé, formé, c’est pour qu’il se mette en mouvement , qu’il agisse. Pour la pratique religieuse, c’est pareil. Dans la vie, si on ne progresse pas, on recule. A la confirmation, je viens confirmer ce que j’ai dit à ma profession de foi, et ce que mes parents ont dit à mon baptême. Une idée juste, c’est une idée que l'on peut mettre en pratique. Lors de ma confirmation, je vérifie si ma foi a été mise en pratique, si je suis fidèle à ma profession de foi.

 

La foi, comme l’amour, pour qu’elle puisse vivre, il faut un « milieu porteur » : cela peut être normalement la famille, mais aussi l'école, les amis, la paroisse. Mais la foi est plus grande que la religion, tout comme l'amour est plus grand que !e mariage. Famille, amis, paroisse … ne sont que des moyens pour me construire dans la foi. Mais encore, Jésus n’est pas venu pour que nous ayons la foi, il est venu pour que nous ayons la vie. 

Ce qui importe avant tout : la Vie. Croit-on à la Vie ? Sinon ce n' est pas la peine de parler de Dieu… Est-ce que je crois à ma vie? Est-ce que je crois à ce que je fais?  C’est dans ma vie et celle des autres que Dieu se manifeste. Il prend un visage humain reconnaissable.

 

Faire la Profession de Foi : dire ma foi, c’est donc parler de cette puissance de la Parole de Dieu qui me porte, et qui me transporte. Elle me mènera, à travers vents et tempêtes, jusqu’au bout de mon chemin d’éternité.

 

Ý

Fonder l’Eglise  BP 20   29 juin 03

 

La première pierre a été posée par Jésus, il reste aux Apôtres tout un travail de construction.

 

Tous ceux qui, à travers le monde, essaient de fonder une Communauté ecclésiale, doivent se référer à cette vérité: I’Eglise c’est l’Eglise de Jésus-Christ et elle est fondée sur la foi des apôtres. Les composants essentiels sont Jésus en personne et ceux qui croient en lui.

 

Deux questions tirées de la Lettre pastorale de notre évêque:

- Quel visage du Christ contemplons-nous et donnons-nous à contempler?

- Comment se manifester notre  souci missionnaire aujourd’hui?

 

Une activité, si noble soit elle mais qui n’annonce pas l’évangile de Jésus-Christ,  n’est pas « œuvre de l‘Eglise ».

 

Un chrétien qui ne s’engage pas dans la mission de l’Eglise, n’est pas « disciple de Jésus-Christ ».

 

Ý

Le pain de vie   BP n°21

 

La foule est toujours à la recherche d’un maître d’école et un procureur de pain. La mentalité  n’a pas changé depuis le temps de Jésus et les choix des hommes paraissent encore plus maté-rialistes aujourd’hui qu’autrefois du fait des difficultés à trouver un emploi.

 

Dans la recherche des solutions souvent purement techniques pour résoudre ces problèmes, l’évangile propose la foi en Jésus-Christ.

 

Puisque nous sommes dépassés par les événements, pourquoi ne pas faire confiance en Celui qui a vaincu même la mort: Il nous promet le « pain qui fait vivre » ?

 

Ý

La rentrée  BP n°22

 

Pour les uns, la rentrée est scolaire, pour les autres, elle est de l’ordre professionnel. Or la rentrée doit être pour tous «la rentrée chez soi». On n’y pense pas trop, mais elle est essentielle.

 

Le monde vise la croissance économique. Les hommes cherchent à gagner davantage. Les chrétiens s’efforcent à être meilleurs.

 

Quelqu’un m’a dit un jour: «Jean-Baptiste, reste toujours comme tu es ». 

 

Je suis content de me trouver tranquillement « chez moi ». Pas de soucis d’être meilleur.

 

 

Ý

Donner   BP23

 

« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ». Selon saint Paul, le Seigneur lui-même a prononcé cette parole (Acte 20,35). Quelqu’un l’a bien comprise et l’a mise en pratique, c’est saint François d’Assise dont la prière est connue de nous tous « Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer. Car c’est en donnant qu’on reçoit… »

 

Ce secret du bonheur doit être l’objet de notre foi. Croire en Dieu n’est pas de l’ordre de la pensée, mais de l’ordre de la pratique. Penser Dieu, c’est  rien, mais vivre de Dieu, agir comme Dieu, nous serons alors heureux comme lui. Cette expérience, Jésus l’a faite.

 

Ý

Jésus s’arrête  BP 24

II vous arrive de raccrocher un médecin ou une infirmière dans un couloir d' hôpital pour avoir un renseignement , et vous êtes tellement reconnaissants qu'ils s'arrêtent une minute pour vous écouter.

 

II vous arrive aussi qu'une personne vous accoste sur votre chemin de courses pour vous parler, et vous vous efforcez d'être patients pour ne pas la quitter rapidement.

 

Sur la route de Jérusalem où Jésus en avait par­dessus la tête de ce qui va lui arriver. II s'arrêta devant le cri de Bartimée. Ce cri devait émouvoir fortement Jésus, car lui‑même aurait aimé crier le plus fort possible devant sa souffrance.

 

Ca y est, Jésus a trouvé au moins une personne qui lui ressemble. Alors il s'arrête pour l'accueillir.

 

Ý

Je suis venu pour  BP 25

« Je suis né », déclare Jésus devant Pilate « gouverneur ».  Jésus ajoute « Je suis venu dans ce monde pour rendre témoignage à la vérité ».

 

Il ne suffit pas d’être là, il faut encore agir pour que la vie ait un sens.

 

Chaque fois que nous affirmons sur ce que nous sommes: homme, femme, adultes, jeunes, enfants, mari, femme, père, mère etc… notre parole nous engage à témoigner vraiment de ce que nous sommes.

 

Quand il s’agit plus précisément d’une fonction à assumer:, un métier à exercer, alors là, pas de tergiversation possible. On est ou on n’est pas.

 

Ý

La sainte famille  BP 26

 

Ce qualificatif de « sainte » doit être compris dans le sens de la Justice  : fil conducteur de  notre méditation pen-dant le temps de l’Avent:

 

La justice c’est faire la volonté de Dieu

Dans le récit de l’annonce faite à Marie comme dans celui de  l’annonce faite à Joseph, il y a chaque fois un dépassement: un dépassement du « vouloir de l’homme pour l’homme »  pour atteindre le « vouloir de Dieu pour l’homme ». Le premier vouloir est fermé, le deuxième est ouvert.

 

Dieu veut que la famille soit « juste » Cellule de la société, elle doit s’ouvrir sur le monde. La fécondité  d’un couple se mesure, non pas d’abord au  nombre d’enfants, mais au  rayonnement de l’amour du foyer.

Ý

 

Deviens ce que tu es  BP 27

 

Pour ses contemporains, Jésus n’était que le fils du charpentier du village. Comment pourrait-il prétendre être le Messie?  Pourtant Jésus avait dit plusieurs fois « Vous ne me connaissez pas. Vous ne savez pas d’où je viens »

 

Ainsi, aujourd’hui, à la suite de Jésus, le monde met  en demeure l’Eglise de se montrer telle qu’on voudrait qu’elle soit, accommodante, conforme aux idées du monde, conforme aux sondages.

 

A la suite de Jésus, le chrétien n’a pas à se laisser prendre par les pressions sociales. «Vous êtes dans le monde, mais vous n’êtes pas du monde » dit Jésus.

 

A la suite de Jésus, toujours fidèle à sa mission, chacun de nous aura à trouver son chemin: « Deviens ce que tu es »

 

Ý

Faire le point  BP 28

 

Avant de s’engager dans sa mission, Jésus prenait un temps nécessaire pour faire le point:

Comme nous, il connaît bien les désirs de l’homme..

Comme nous, il veut réussir et il connaît le fameux argument: la fin justifie les moyens .

La différence avec nous, Jésus  ne confond pas la fin avec les moyens.  Il ne vit pas pour tout posséder, ni pour tout faire, ni pour tout savoir.

«Quel avantage l’homme aura-t-il à gagner le monde entier , s’il le paye de sa vie?» (Mtt 16, 26)

Jésus a fait son Carême. Nous avons à faire le point de notre vie.

 

Ý

Se redresser BP 29

 

Devant le questionnement des Pharisiens. « Jésus s’était baissé, et, du doigt, il traçait des traits sur le sol »Tous les exégètes cherchent à savoir ce que Jésus a pu écrire sur le sol.

Je me suis contenté seulement du fait que « Jésus s’est baissé » et « il a fait des traits sur le sol, c’est-à-dire sur la terre.

N’est-ce pas là une attitude d’humilité et d’humanité (humus : terre) ? Sans cette attitude fondamentale, nous ne pouvons pratiquer le Pardon.

« Jésus se redresse » dit encore l’é-vangile. Le pardon relève celui qui est pardonné. Il élève surtout celui qui pardonne à la ressemblance de Dieu.

 

Ý

Nous sommes UN      BP 30

Séparés pour être purs, pour être saints? Pratiquer l’apartheid comme une option  culturelle?

Cela n’est pas le choix de l’évangile.

Ou bien on aime et on reconnaît comme frères tous les hommes et l’on est chrétien ou bien on se sépare et l’on n’est pas chrétien .

Jésus nous a dit clairement: « Vous n’avez qu’un Dieu qui est Père de tous ». Comme Jésus et son Père ne font qu’un, nous qui croyons en Dieu Père, nous sommes existentiellement unis à tous les hommes.

L’isolement n’est pas toujours un péché mais certainement un signe de la défaillance qui affecte gravement l’humanité.

Tu es-avec? Tu vivras.

Tu n’es-pas-avec? Tu mourras.

Etre ou ne pas être-avec? Ce n’est pas un droit mais une réalité.

La première de toutes...

 

Ý

La langue maternelle  BP 31

A la construction de la tour de Babel, les gens parlent la même langue, mais ils ne se comprennent pas.

A la Pentecôte, plusieurs langues sont parlées, mais chacun les entend dans sa langue maternelle.

Babel est le langage d'affaires qui ne se comprend qu'avec l'ambition personnelle, la réussite sociale , la rentabilité financière.

Pentecôte est le langage de service, de solidarité, de communion. Ce langage nous ramène au sein maternel II nous rend fraternels. Avec cette « langue de feu », nous ne comprenons peut‑être pas toujours les mots que disent les autres, mais nous les comprenons, eux : nous les prenons‑avec‑nous, comme des frères.

 

 

Ý

 

Entrer dans le Royaume  BP 32

Le Royaume de Dieu n’est pas une structure établie. Il est essentiellement, comme l’est l’amour, un devenir.

Le mariage est un sacrement, c’est-à-dire le signe de l’ entrée solennelle et décisive d’un homme et d’une femme dans l’amour de Dieu. La vie du couple est une progression  sans fin vers l’amour éternel.

Le baptême, sacrement de la naissance, inaugure la marche sans fin vers la plénitude de la vie divine.

Quand Jésus déclare: « Je suis le chemin, la vérité et la vie », il nous révèle ce qu’est le Royaume de Dieu.

Tant qu’on ne s’est pas mis en « marche » dans un mouvement qui implique changement, renouvellement, conversion…

Tant qu’on n’a pas fait une « démarche » dans un engagement qui implique le risque, on n’est pas encore entré dans le Royaume de Dieu.

 

Ý

Amasser  BP 33

« Amasser pour soi-même » c’est s’enfermer dans ses possessions. Les richesses matérielles ne sont pas seulement encombrantes, elles sont surtout pesantes. La «masse » désigne une quantité, elle signifie aussi le poids. Ceux qui désireraient aller loin, ceux qui voudraient progresser dans la  vie, auraient  intérêt à se décharger de cette masse de choses qui sont peut-être utiles, mais restent un lourd fardeau.

 

Le problème vient  du fait que celui qui amasse, se ramasse. Les choses qu’il possède conditionnent sa pensée et appauvrissent ses relations.  Il est riche pour soi au lieu d’être riche en vue de … »

 

Ý

 

Prendre la dernière place  BP 34

L’Evangile parle de « prendre la dernière place’. Il ne s’agit nullement de nous sous-estimer ou de nous écraser, mais de ne pas nous prendre pour « supérieurs » aux autres.

Jean-Baptiste, lui s’exprime plus clairement « il faut que je diminue pour qu’il grandisse’. Il parle de jésus dont il est chargé de préparer le chemin

Que Jésus grandisse chaque jour en notre vie et dans ce monde. Pour cela, nous avons à lui laisser de la place et de l’espace.

 

Ý

 

Augmente en nous la Foi  BP 35

La foi, au premier degré, au ras des pâquerettes, mais qui est la plus vraie, est la confiance en soi-même et dans les êtres qui nous entourent. Car il s’agit là des personnes, premier espace de découverte, premier lieu de  communication.

Quand la charité chrétienne m’invite à me donner, il s’agit de m’offrir comme un cadeau - beau et joyeux - et non pas comme « sacrifice » triste et ennuyeux.

Prendre soin de la vie, la mienne  et celle des autres n’est pas un service facultatif, c’est un devoir. 

P. Jean-Baptiste

Ý

La certitude de l’amour BP 36

 

Dans ce monde de méfiance et de doute, il y a quand même une certitude, la seule peut-être : «l’homme est mortel». Cette certitude vient de mon expérience douloureusement vécue devant la mort des miens : famille ou amis. .  Est-ce que cette expérience prouve scientifiquement que les morts sont disparus pour toujours?  Je n’en sais strictement rien. Mais comme j’ai beaucoup aimé les personnes qui m’ont quitté, je continue à les aimer. 

Cette expérience de la mort me révèle une vérité : celle de l’amour. Puisque l’amour vient de Dieu, il est éternel.. Donc, celui qui demeure dans l’amour, même s’il meurt, vivra.  C’est ma certitude.

P. Jean-Baptiste

Ý

Le chemin de la rencontre  BP 37

Le temps de l’Avent est un temps de l’attente.

Habituellement, nous attendons quelque chose qui répondrait à nos désirs et souvent des choses matérielles. C’est le cas des enfants qui attendent les cadeaux de Noël.

Ce sont les adultes qui attendent  une meilleure condition de vie : maison, travail, vacances.

Les chrétiens attendent la venue du Sauveur. Mais quel Sauveur et par quel chemin viendra-t-il?

« Celui qui vous accueille, m’accueille ». Chacun de nous est un chemin du Seigneur. C’est sur  les routes humaines que Dieu vient dans le monde.

 

Ý

Dieu-avec-nous   BP 38

Pour nous rencontrer, Dieu est venu «demeurer parmi nous». Noël est une fête de la venue de Dieu dans le monde. Il signifie l’intervention directe de Dieu dans le cours de l’histoire humaine.

Dieu n’est pas venu pour «gouverner» mais pour nous «rencontrer», et pour continuer l’œuvre de la Création. Le monde, l’univers et notre vie personnelle ne sont pas une création dans le sens d’une production artistique, mais surtout une « communion », et qui vient de la fécondité de l’amour.

 

Ý

 Communication  BP 39

 

 La Journée Chrétienne de la communication nous invite :

- à découvrir les moyens de communication: sites internet, courriels, bulletins diocésains, journaux paroissiaux, affiches, radio et télévision, édition...

- à prier pour les personnes chargées de la communication.

- à récolter des fonds pour aider la communication de l’Eglise.

Mais rien ne remplacera les vraies rencontres entre les hommes. D’une part, la communication doit nous amener à une communion. Il ne s’agit pas seulement de nous informer de ce qui se passe, mais surtout de nous former mutuellement à être solidaires, à partager la joie et les espoirs, à porter ensemble les tristesses et les soucis de la vie . D’autre part, pour nous chrétiens, la communication consiste surtout à révéler la Présence de Jésus-Christ sur nos chemins. La foi ne se communique que dans une rencontre vraie.

 

Ý

Epreuves de la foi  BP 40

 

Il était bien tranquille cet homme aveugle de naissance. Le fait qu’il voit lui cause bien des problèmes. Mais la persécution qu’il subit, lui a permis d’approfondit sa foi.

Devant les affirmations des Pharisiens sur Jésus, le traitant de pécheur, cet homme dit simplement: « Je n’en sais rien, mais il y a une chose que je sais: j’étais aveugle, et maintenant je vois »

Comme l’aveugle-né, nous chrétiens, puissions-nous, dans nos épreuves, continuer à cheminer sur le chemin de la connaissance de Jésus.

 

Ý

Ressuscité avec Jésus  BP 41

 

Malgré des paroles fortes comme celles que nous proclamons souvent: « Si nous mourons avec lui, avec lui, nous vivrons. Si nous souffrons avec lui avec lui nous régnerons », nous sommes encore loin d’entrer dans la profondeur de la vie de Jésus.

Il s’agit d’être avec Jésus, de participer à sa vie; et non de le fréquenter uniquement pour « gagner notre vie à nous ».

Sinon nous restons encore loin du mystère de la Résurrection et nous sommes vraiment «pauvres de Jésus-Christ».

Jésus fidèle   BP 42

Monté au ciel, Jésus ne nous laisse pas seuls. Il continue à nous guider vers le Père. « La volonté de mon Père, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés », affirme Jésus dans l’Evangile selon Jean (6,19).

Saint Paul nous explique: « Si nous sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même » (2 Tim 2,13).

En référence à Isaïe (43,4) , le Pape Benoît XVI déclare solennellement dans l’Homélie de son intronisation:  « Nous ne sommes pas le produit accidentel et dépourvu de sens de l'évolution. Chacun de nous est le fruit d'une pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, chacun est aimé,  chacun est nécessaire. »

Jésus nous révèle par sa vie et son enseignement l’amour fidèle de Dieu.

 

Ý

Prenez et mangez ensemble   BP 43

 

« Ceci est mon corps livré pour vous. Ceci est mon sang versé pour la multitude… ». Ce signe Très Saint révèle le secret de la vie en plénitude : « Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

En recevant Jésus à la communion, le chrétien demande qu’à son tour, il devienne comme Jésus «pain rompu pour un monde nouveau ».

La communion ne se fait pas seulement avec Jésus, mais avec toute l’Eglise, avec le monde entier. Cette démarche nous engage à aller à la rencontre des autres, à les accepter, à les respecter, à les aimer.

Si la communion exige que nous soyons en « état de grâce », c’est que nous sommes prêts à vivre l’accueil et la réconciliation

 

Ý

Etre ensemble  BP 45

 

« Si deux d’entre vous sur la terre unissent leurs voix pour demander quelque chose, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux… ». Ne nous laissons pas obsédés par «quelque chose», objet plus ou moins obscure de nos désirs toujours insatisfaits,  mais réjouissons-nous du fait que deux personnes arrivent à s’entendre et surtout à reconnaître Dieu comme Père de tous.

 

La division est la première cause des problèmes sociaux et politiques dans notre pays ; elle est aussi la cause des guerres fratricides avec leurs terribles conséquences dans le monde.

 

Nous pensons maintenant à nos familles, à nos communautés chrétiennes. Sommes-nous capables de nous entendre pour la recherche d’une solution à nos problèmes, à rendre notre vie plus humaine, plus chrétienne ? Et quelle prière avons-nous à dire ensemble devant Dieu Notre Père ?

 

« Quand deux ou trois se réunissent en mon nom, je suis au milieu d’eux »

Rendre Dieu présent à notre vie – enraciner aux sources de la vie - c’est tout simplement « être ensemble ».

 

 

Ý

Les possédés

 

Jésus parle dans le Temple, devant la foule assemblée, il interpelle les Prêtres et les Pharisiens. Il commence par la citation  d’Isaïe trop connu pour ne pas être compris par tous. Jésus pose ainsi a base de la Parabole à savoir l’amour et la prévenance de Dieu pour sa vigne, le peuple dont il est le Maître, c’est-à-dire le Créateur et le protecteur (FD). Patiemment, Il envoie ses messagers pour rappeler cette Vérité. Mais les vignerons ont décidé d’ accaparer l’héritage, arrivant jusqu’à tuer le Fils héritier.

L’Evangile s’adresse à nous aujourd’hui en tant que responsables dans la famille, dans la société, dans l’Eglise: parents, directeurs d’entreprise, présidents d’associations, chefs d’équipe, curés de paroisse…

Ne nous sommes-nous pas comportés parfois comme maîtres absolus, comme   « propriétaires »?

Les difficultés, les épreuves, les conflits peuvent êtres des signes d’alarme, des « messages » qui nous aident à nous convertir. Sinon, en voulant être « possédants », nous serions tout simplement des « malheureux possédés » par le démon d’ambition et condamnables comme les vignerons homicides.

 

Ý

Les possédés BP 46

 

Jésus parle dans le Temple, devant la foule assemblée, il interpelle les Prêtres et les Pharisiens. Il commence par la citation  d’Isaïe trop connu pour ne pas être compris par tous. Jésus pose ainsi a base de la Parabole à savoir l’amour et la prévenance de Dieu pour sa vigne, le peuple dont il est le Maître, c’est-à-dire le Créateur et le protecteur (FD). Patiemment, Il envoie ses messagers pour rappeler cette Vérité. Mais les vignerons ont décidé d’ accaparer l’héritage, arrivant jusqu’à tuer le Fils héritier.

L’Evangile s’adresse à nous aujourd’hui en tant que responsables dans la famille, dans la société, dans l’Eglise: parents, directeurs d’entreprise, présidents d’associations, chefs d’équipe, curés de paroisse…

Ne nous sommes-nous pas comportés parfois comme maîtres absolus, comme   « propriétaires »?

Les difficultés, les épreuves, les conflits peuvent êtres des signes d’alarme, des « messages » qui nous aident à nous convertir. Sinon, en voulant être « possédants », nous serions tout simplement des « malheureux possédés » par le démon d’ambition et condamnables comme les vignerons homicides.

 

Ý

Un seul Père, un seul Maître  BP 47

 

Le Maître donne un enseignement, le Père donne la vie. Si Jésus est le seul Maître, c’est parce que dans son enseignement, les hommes reçoivent la Parole de vie.

Il y a une grande différence entre  « transmettre un savoir » et « donner un conseil ».  Ce que nous pouvons tirer de l’Evangile, c’est moins la connaissance d’une religion que des « Conseils évangéliques ». La connaissance nous enrichit certes, mais les conseils orientent toute notre vie.

Jésus nous enseigne le chemin qui conduit vers le Père. « La Parole que je vous ai dite, ne vient pas de moi, mais de mon Père qui m’a envoyé »

Nous avons un devoir de nous enseigner les uns les autres, nous avons surtout à « transmettre la parole de vie ».  Quelle est donc la source de nos paroles? ?  Avec quelle autorité parlons-nous?

 

 

Ý

Veillez !  BP n°48

 

Jésus situe sa venue dans un bouleversement total: « les puissances des cieux seront ébranlées » (Luc 21,26).

Or sa venue et notre devenir humain. Comment se réalisera-t-il ce devenir à travers et malgré les obstacles?

 

Les obstacles, ils sont nombreux:

Difficultés, épreuves de la vie personnelle, familiale. La tentation serait  de nous endormir, de nous enfermer dans le découragement. Les obstacles sont aussi les problèmes de la société, du monde. La tentation serait de baisser les bras ou de rester indifférents.

 

« Sauve qui peut » n’est pas une démarche de foi chrétienne. D’abord parce que le salut vient de Dieu; ensuite parce qu’il veut sauver tous les hommes et nous sommes appelés à collaborer à l’œuvre du salut. Nous ne pouvons pas nous sauver, ni nous-mêmes, ni chacun tout seul.

 

Veillez pour ne pas tomber dans le piège de l’individualisme.

 

Ý

Une vie eucharistique  BP 49

 

En lisant attentivement les évangiles, nous savons que Marie n’avait pas une vie facile, depuis la naissance de Jésus jusqu’au pied de la croix. Pourtant elle a pu chanter le Magnificat: « Le Seigneur a fait pour moi des merveille. Désormais, tous les âges me diront bienheureuse… »

Sa vie de femme a commencé par un Oui à l’annonce de l’ange Gabriel et une Visite à Elisabeth.

La vie de Jésus n’était pas facile non plus, depuis la naissance dans une mangeoire jusqu’à la mort sur la Croix. Pourtant il était toujours en « eucharistie », c’est-à-dire en action de grâce. Il a dit Oui à son Père et il s’est consacré totalement au service de tous ses frères humains.

Pour être heureux, nous avons à dire Oui à l’Appel de Dieu et consacrer notre temps au service des autres.

Alors nous serons comblés de grâce comme Marie, et nous pourrons dire Merci à la vie.

Tel est le souhait que nous formons les uns pour les autres au début de cette année.

 

Ý

Quelle mort accepter ? BP 52

 

 « Mourir est un verbe qui, aujourd’hui, suscite la peur. Tant il est sorti de la sphère de l’intime… Médicalisation de la mort, perte de la culture de l’accompagnement. Solitude et désespoir, tel est le constat que l’on peut faire aujourd’hui… » (Marie de Hennezel)

L’évangile du « grain de blé tombé en terre » ne parle pas seulement de la mort physique mais de toute sorte de mort dont le renoncement quotidien à notre égocentrisme.

Ne sommes-nous pas tentés chacun de prendre soi-même comme dernier critère de discernement. Et en fonction de quoi on justifie ses choix et ses méthodes d’actions. C’est de l’idolâtrie.

Ne sommes-nous pas tentés de prendre la religion, et même le « bon Dieu » pour  rallier les autres à notre cause. C’est de la manipulation politique.

L’entourage de Jésus le pousse à se sauver, à éviter l’épreuve de la croix, à prendre le pouvoir . Il l’aurait pu s’il avait voulu. Mais Jésus n’est pas venu pour faire sa volonté, mais faire la volonté de celui qui l’a envoyé.

Le Carême est un temps de conversion : sortons de nous-mêmes pour aller vers Dieu.  

 

Ý

 

Donner sa vie pour BP 53

 

John Kenneth Galbrait, l’économiste mondialement connu vient de décéder. Celui qui « explique comment les entreprises imposent leurs produits et services aux consommateurs en les manipulant à grand renfort de marketing et de publicité … Il fustige la  technostructure, celle des managers des grandes entreprises, qui davantage que les actionnaires, sont de vraies décideurs des règles économiques du marché. » Ces maîtres du monde, reçoivent des rémunérations, des retraites et des indemnités —même en cas de faillite – des sommes énormes. Tout en contestant ces « injustices légales », nous nous sommes laissés trop docilement y entraîner .  Nous devenons ainsi directement ou indirectement des « mercenaires » dont parle l’Evangile de ce dimanche.

Suivre le Christ c’est traduire dans notre vie cette Bonne Nouvelle : le bon Berger donne sa vie pour  ses brebis »? Pour cela, nous avons à reconnaître notre responsabilité et de ne pas nous cacher derrière ce type de justification: Mais qui est donc mon prochain? ( Luc 10,29) ou bien Suis-je responsable de mon frère? (Gn 3,9)

En ce dimanche des Vocations, nous sommes appelés, chacun à notre place et selon la diversité des ministères, à être réellement les bons bergers pour les hommes de ce temps.

 

Ý

 

A bout de souffle   BP 54

 Je vois autour de moi, des personnes écrasées par les soucis, les problèmes, les épreuves de toute sorte. Elles sont fatiguées, « à bout » . Elles ont besoin de souffler, mais elles n’ont plus de souffle.

Or l’Esprit-Saint est justement le Souffle de Vie, le Souffle qui ne s’essouffle jamais. Il renouvelle sans cesse la face de la terre.

Pour recevoir ce Souffle de vie, il faut orienter la vie dans sa direction. Pourquoi nous entêtons-nous dans notre direction qui ne progresse plus?

La persévérance dont parle l’évangile est une fidélité à une vocation, à une mission reçue de Dieu, alors que l’entêtement vient de notre orgueil ou de notre peur devant l’inconnu.

« Le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit. » (Jean 3,8)

Lorsque nous sommes « à bout de souffle », laissons-nous docilement conduire par l’Esprit

 

Ý

Vacances  BP 55 

 J’ai connu des amis, rentrant des vacances, avec une voiture surchargée des achats, des cadeaux. Eux-mêmes fatigués et … fauchés!

Or j’ai toujours compris que les vacances sont un temps pour faire le vide  - c’est le sens du  mot latin « vacare » - Ecoutez  un conseil de Jésus : «  Venez à l’écart, dans un lieu désert et reposez-vous. »  (Marc 6,31)

Faire le vide est d’abord un exercice mental qui consiste à écarter le superflus pour saisir l’essentiel, ensuite une pratique ascétique pour maîtriser nos ambitions et notre désir de posséder toujours plus.

Se reposer est un exercice d’équilibre qui permet de trouver le calme, la sérénité: condition pour la paix intérieure.

A ceux qui ne comprennent pas encore le sens  du conseil évangélique, je suggérait de faire une retraite spirituelle pendant les vacances.

Là on fait le vide et on se repose vraiment.

 

Ý

 Le signe du pain  BP 56

 

Les animaux mangent ce qu’ils trouvent, mais l’homme fabrique son pain. Ainsi le pain est le résultat de toute une  chaîne de solidarité entre laboureurs, semeurs, moissonneurs, boulangers...

A la messe le prêtre présente le pain en disant: « Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes, nous te le présentons, il deviendra pour nous le pain de la vie. »

Le pain de la vie c’est le pain qui rassemble les hommes pour la construction du monde dans la justice, la paix et la joie comme dit saint Paul aux chrétiens de Rome (Rm 14, 17)

Le pain que nous recevons à l’Eucharistie, n’est pas d’abord pour notre enrichissement personnel, ni moral, ni spirituel, mais surtout un engagement à la suite de Jésus « pain rompu pour un monde nouveau ». 

 

Ý

 

Seigneur, fais que je voie  BP 59

 

 En criant vers Jésus qu’il reconnaît « Fils de David », l’aveugle de Jéricho est vraiment « clairvoyant ». En bondissant vers Jésus, il se laisse guider par la voix de Jésus. En jetant son manteau, son unique bien, pour se mettre à la suite de Jésus, il vit vraiment dans la confiance.

Cette guérison est un signe pour la foule encore « aveuglée » devant le miracle. Jésus n’est pas un guérisseur de métier. Sa mission est de  conduire les hommes à la connaissance de Dieu.

L’Evangile nous invite à renoncer aux choses présentées souvent par un monde matérialiste comme essentielles. Ecoutons la voix du Seigneur et faisons-lui confiance.

Rappelons ce que dit le renard au Petit Prince: « Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux »

 

Ý

 

Tu seras pêcheur d’hommes   BP 62

 

Pêcheur de poissons, Pierre est appelé à devenir pêcheur d’hommes. Jésus ne l’a pas obligé à changer de métier, mais d’en avoir une autre visée.

Nous travaillons normalement pour « gagner notre vie », mais souvent nous sacrifions notre vie pour « gagner davantage d’argent ». Or le travail humain n’est pas qu’une tâche, mais une création. L’homme se construit par le travail, non pas en « fabriquant des choses », chacun dans son coin, mais en se mettant en lien, les uns  avec les autres dans une collaboration. La fraternité n’est pas de l’ordre de la rentabilité économique, mais de l’ordre du progrès social.

Devenir pêcheur d’homme, Pierre reçoit la mission de rassembler tous les hommes pour qu’ils apprennent à vivre en frères. Cette mission est « sacrée » parce qu’elle est venue d’un  Dieu trois fois saint, parce qu’elle a été confiée par Jésus, Fils de Dieu « venu rassembler les enfants de Dieu dispersés ».

« Tu seras pêcheur d’hommes » dit le Seigneur à chacun d’entre nous. Prenons conscience de la grandeur de notre mission et remercions le Seigneur de nous avoir choisis pour le servir.

 

Ý

 

A l’image de Dieu  BP 63

 

« Nul n’a vu le Père, si ce n’est celui qui vient de Dieu » Jésus nous dit dans l’évangile de Jean (6,46) . Mais il dit aussi « Celui qui m’a vu, a vu  le Père » (14,9).

Écoutons maintenant Grégoire de Nysse, au IV° siècle:  « Nous voyons dans notre propre beauté l’image de la divinité… Celui qui t’a formé a déposé dans ton être une immense énergie. Dieu, en te créant, a enfermé en toi l’image de sa plénitude… Mais la déviance a dissimulé l’empreinte de Dieu… Tu es comme une pièce de métal: sous la pierre à aiguiser, la rouille disparaît… L’homme intérieur, ce que notre Maître nomme le cœur, une fois débarrassé de la rouille qui cachait sa beauté, retrouvera l’image première et sera réel… Ainsi l’homme, en se regardant, verra en lui celui qu’il cherche. Et voici la joie qui remplit son cœur purifié: il regarde sa propre transparence et découvre, dans l’image, le modèle ».

N’est-ce pas ce que nous chantons souvent : « Je cherche le visage du seigneur, tout au fond de vos cœurs ».?

Ý

 

Offrir sa vie comme Jésus par amour  BP 65

 

Quand Jésus  parle du Commandement de l’Amour, il nous indique le chemin à prendre sous peine de n’être chrétien que de nom.

 

La « religion » chrétienne - la « voie » chrétienne selon les Actes (9,12) - est le chemin de Jésus. Nous n’avons donc pas à lorgner à gauche ou à droite, ni à mettre en balance des pratiques cultuelles chez les uns et chez les autres.

 

L’habitudes des parents de dire « nous baptisons nos enfants et nous leur laissons choisir la religion qu’ils veulent », vient du fait que ces parents n’ont pas encore découvert vraiment le chemin de Jésus.

 

Il ne s’agit pas de prendre l’enseignement de Jésus uniquement comme un code de morale, ou de ne voir la religion chrétienne que dans ses rites, mais de vivre comme Jésus dans la plénitude de l’amour. « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime» (Jn 15,13)

 

C’est le « chemin de la croix » et qui passe par une « porte étroite » (Mt 7,13) , mais c’est le seul qui conduit à la vraie vie.

Ý

L’Esprit-Saint   BP 66

SOUFFLE DE VIE

 

Dieu-Trinitaire, mystère insondable. Nous sommes pourtant invités à y entrer comme dit Jésus: « Père, tu es en moi… et moi en eux » (Jean 17). Quand nous prononçons « Père et Fils et Saint-Esprit », nous ne faisons pas une addition, mais nous présentons une réalité « Père + Fils = Souffle de Vie ».

Cela veut dire que la Communion entre le Père et le Fils est la Vie.

Cela veut dire que sans Communion, pas de Vie. Cela veut dire que plus la Communion est forte, plus la vie est grande.

Vae soli! (Eccl 4,10)  C’est une expérience humaine qui rejoint la sagesse de Dieu : «Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Gn1,18) . Il y avait certainement beaucoup plus de monde autour de Babel qu’à la Pentecôte. La différence, c’est la présence de l’Esprit qui, à la Pentecôte, unit les hommes de toutes langues, de toutes cultures.

Fêter la Pentecôte, c’est accueillir la grâce de la communion ; c’est prendre conscience de la communion de saints et aussi de la contagion du mal. Tout ce qui nous concerne, concerne aussi les autres. L’indifférence est signe de l’approche de la mort, alors que la Communion nous ressuscite.

 

Ý

Pour un nouveau départ BP 67

 

Les vacances, ce temps de repos, sont destinées à nous « re-poser », à nous « re-mettre » sur le chemin, à nous « re-lancer »: c’est un nouveau départ, mais pour aller où et comment?

Une nouvelle naissance, une reconversion professionnelle, un déménagement, un projet de mariage et, pour certains dont l’âge est bien avancé, une  fin de vie sereine.

Il n’y a qu’un seul chemin, le chemin du Seigneur qui est le chemin de la vie.

Il n’y a qu’un seul départ prometteur, celui qui est animé de l’esprit de service.

Il n’y a qu’une seule attitude qui convient, celle qui est nourrie de l’humilité.

Le Seigneur nous a montré le chemin, mais à nous de le préparer.

« Allez vers le Seigneur, parmi les chants d’allégresse ». Le Psaume 99 doit nous éclairer sur ce nouveau départ.

Ý

 

Prier pour les morts  BP 69

 

Le mois de Novembre est traditionnel-lement consacré à la prière pour les défunts.

« La meilleure manière de penser à quelqu’un, c’est de prier pour lui », dit un enfant de 10 ans. Car la prière n’est pas une pensé qui souvent véhicule un jugement .

Prier c’est parler à Dieu de quelqu’un ou parler avec quelqu’un devant Dieu. La prière nous rend plus vrais dans nos relations.

Prier pour nos parents défunts, c’est retrouver la racine de notre vie, c’est reconnaître que notre naissance est le plus beau cadeau de la vie dont la source est en Dieu.

 

P. Jean-Baptiste

Ý

 

Maranatha BP 70

 

Des scènes de violence, des catastrophes naturelles… Nous avons l’impression que rien ne va plus, ni dans la tête des hommes, ni dans la nature des choses.

Pourtant Dieu a créé l’homme à son image et la création a été un projet de son amour.

Nous regardons le monde avec une vision souvent négative. La situation actuelle est qualifiée d’ «apocalyptique», et pour nous ce terme signifie « catastrophique ». Or l’Apocalypse de saint Jean est une « révélation » .

Les échecs, les épreuves ne sont-ils pas des signes qui révèlent que, malgré les progrès techniques, malgré nos efforts, nous n’arriverons jamais à construire une vie heureuse, ni à faire la paix dans le monde, sans prendre le chemin de l’évangile?

Ce n’est pas pour rien que le livre d’Apocalypse se termine solennellement par cette supplication pleine de confiance: Maranatha ! Viens, Seigneur Jésus!

 

Ý

 

Dieu avec nous  BP 71

 

L’ange dit à Joseph :  « Tu donneras à l’enfant le nom de Jésus » c’est-à-dire « le Seigneur sauve » . Tout cela arrivera pour accomplir la Parole prononcée par le prophète: « Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit: « Dieu-avec-nous ».

Cette révélation donne tout son sens à l’incarnation de Dieu, à l’amour infini de Celui qui, pour nous sauver, est venu partager pleinement notre condition humaine.

L’amour vrai cherche toujours à sauver, c’est-à-dire à libérer tout ce qui opprime l’homme, tout ce qui l’empêche d’ être heureux.

Ý

 

Carême 2008 BP 72

 

Comme j’avais dit dans l’Homélie le Dimanche dernier, il nous faut une triple « conversion » pour que le Royaume se réalise : je me tourne vers le Seigneur, je me porte vers les autres et ensemble nous allons vers le Seigneur.

Cette triple conversion se pratique par l’aumône, la prière et le jeûne. « La première est orientée vers les autres, la seconde vers Dieu et la troisième vers soi-même. Elles témoignent d’une vie religieuse qui ne se paye pas de mots, mais qui se traduit en actes.  A l’époque de Jésus, on pratiquait ces œuvres, avec ferveur. On cherchait également à entraîner dans ces pratiques des croyants moins fervents voire non-pratiquants » (FD)

Aujourd’hui, au moment où tous réclament une réforme de la société, les chrétiens savent qu’il n’y aura pas de réforme de structure sans la re-conversion personnelle. Mais nous savons aussi qu’une vraie conversion ne peut être provoquée et motivée que de l’extérieur de chacun. Soyons donc très attentifs aux événements quotidiens et aux « signes des temps » (Vat.II) Soyons prêts comme le bon Serviteur dont parle l’évangile. (Matt 24,44)

 

Ý

 

Si nous étions des aveugles…  BP 73

 

Après l’opération de ma cataracte, je vois beaucoup mieux et je distingue plus nettement les couleurs.

Cette expérience m’ a appris à relativiser ma vision oculaire et à ne pas tenir mes perspectives pour infaillibles

 

Ainsi, il existe une distance, parfois énorme, entre ce que vous voyons et les réalités. Que nous nous trompions sur les choses, c’est acceptable, mais quand il s’agit des personnes, c’est grave car nos relations seront complètement faussées. Nous jugeons d’après ce que nous voyons, mais que voyons-nous?

 

Rappelons la parole de Jésus: « Si vous étiez des aveugles, vous n’auriez pas de péché; mais du moment que vous dites: Nous voyons! votre péché demeure » (Jean 9, 41)

 

Ý

 

Crois-tu cela ? BP 74

 

« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra… Crois-tu cela? » demanda Jésus à Marthe qui pleurait son frère Lazare.

Nous confession notre foi à la vie éternelle. Or la vie éternelle, comme dit Jésus, c’est  connaître le seul véritable Dieu et son Envoyé. (Jean 17,3)

Ce qui doit durer, ce qui ne doit pas disparaître, ce qui doit demeurer, ce qui est éternel, c’est une véritable connaissance entre les êtres qui s’aiment.

« Aimer, c’est dire à l’autre: tu ne mourras pas » (Gabriel Marcel). Jésus dit autrement:: « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient aussi avec moi » (Jean 17,24)

Qui de nous ne souhaiterait-il pas de vivre éternellement avec l’être aimé?

 

Ý

Bâtir sur le roc  BP 76

 

Tempête en Birmanie, cyclone aux Etats-Unis, tremblement de terre en Chine… où se trouve-t-il le Roc sur lequel bâtir notre maison?

Plusieurs familles dans notre secteur sont encore fortement ébranlées de la dernière inondation. 

Nous préférons ne pas y penser, mais le ciel continue à bouger, ici ou ailleurs; la terre va encore trembler quelque part.

Ne pas y penser n’est pas une solution. Nous ne pourrions nous en sortir que par la force de notre volonté, alors que nos bras sont déjà trop fatigués.

Le Roc reste la solidarité entre les hommes. Ensemble, nous serons plus forts.

Ainsi, l’Eglise, l’Assemblée de ceux qui croient, apparaît aux yeux des hommes comme la meilleure fondation.

« Sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, dit Jésus. Aucune puissance ne pourra la détruire »

 

.

Ý

La pierre de fondation  BP 77

 

Pierre est le surnom que Jésus a donné à Simon et c’est à lui que Jésus a confié  la continuation de sa mission qui consiste à « rassembler les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11,52).

Pour cela, Pierre a dû vivre la douloureuse épreuve du pardon dans les larmes. Heureusement sa foi-confiance en Jésus la libéré du désespoir. Aussi Jésus lui dit « Quand tu seras revenus, affermis tes frères » (Luc 22,32)

Etre et être reconnu, deux dimensions essentielles de toute vie humaine. Si chacun par sa naissance « existe », l’existence par définition, n’a de sens que si elle occupe une place dans la communauté.

L’Eglise de Jésus-Christ est justement l’appel universel à la vie en communauté.

Pour cela, nous avons , nous aussi comme Pierre,  à vivre l’épreuve du Pardon et de la Réconciliation.

 

Ý

 

Je compte sur toi  BP 78

 

La correction fraternelle est une démarche délicate. Elle est pourtant nécessaire à la vie en communauté. Aussi, avons-nous à veiller afin qu’ aucun d’entre nous s’éloigne de l’amour du Christ, qui a donné sa vie pour nous rassembler.

Si ton frère commet un péché …  Il s’est éloigné de moi, il ne reconnaît plus ma paternité, mais toi, tu restes quand même son frère, je compte donc sur toi pour lui montrer le vrai chemin.

Tu devras, à ton tour, compter sur les autres frères et sur les membres de la communauté. En effet le péché ne concerne pas que la relation père-fils, il ne nuit pas qu’à la famille, mais à toute la communauté.

Il y aura de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus  que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion (Luc 15,7)

 

Ý

L’œuvre du Seigneur BP 79

 

N’est-il pas extraordinaire que Dieu nous confie sa vigne et attende de nous de bons résultats?

N’est-il pas extraordinaire que notre refus n’ait déclenché en lui, ni colère, ni châtiment, mais le renouvellement de son appel?

Par la mort de son Fils Jésus, il nous a révélé qu’il n’y aura pas, chez lui,  de rejet, de condamnation : la pierre rejetée deviendra la pierre d’angle: voilà l’œuvre du Seigneur.

Nous qui sommes fragiles, vite découragés devant les échecs, les difficultés de la vie.

Nous qui sommes susceptibles, facilement affectés par les incompréhensions, les indifférences, les mépris.

Regardons, contemplons ce Dieu de bonté, de miséricorde dont la puissance est dans l’amour .

Accueillons donc cet amour qui transformera notre vie.

 

Ý

 

Le temple de Dieu BP 80

 

Le temple est le lieu de la rencontre de Dieu avec les hommes. Notre église paroissiale peut être ce lieu, à condition qu’elle réponde ensemble à l’appel de Dieu. C’est le sens de la parole de Paul « Vous êtes le temple de Dieu. » ( 1 cor 3, 16).

Tout rassemblement doit être une rencontre. Toute rencontre doit être une réponse à un appel. Pour cela, nous avons à nous interroger : Sommes-nous attentifs aux appels qui nous sont adressés ? Qu’est-ce qui motive notre réponse ? Ce questionnement nous aide à devenir le Temple de Dieu.

La vie de Sœur Emmanuelle est le témoignage d’un  appel et de sa réponse. Elle avait été appelée par Dieu à une vie Religieuse. Elle a été appelée par les Pauvres à une vie Humaine. Il y a une relation essentielle entre la Foi et la Vie.

Quand nous venons à la messe, nous célébrons cette relation de Dieu avec les hommes dans le Mystère du Christ Mort et Ressuscité. Ce qui nous permettra de vivre concrètement cette relation avec nos frères dans la vie de tous les jours.

Ý

 

Le temps d’attente  BP 81

 

L’avent est un temps donné pour que nous découvrions ce dont les humains ont vraiment besoin pour vivre.

L’évangile de la fête du Christ-Roi, selon saint Matthieu 25, traduit concrètement le sens même de la Bonne Nouvelle selon saint Jean 4.

Les hommes n’attendent pas que du pain, ils aspirent aussi à être « reconnus, respectés, visités, accueillis… ».

Nous chrétiens, nous attendons la venue de Jésus . Comme il vient surtout pour les malades et les pécheurs, nous avons à découvrir nos propres  maladies et nos péchés: nous sommes malades de nos individualismes, nous sommes pécheurs par notre indifférence au malheur des autres.

« Préparez le chemin du Seigneur » nous dit le Précurseur. Chaque chrétien doit être le chemin du Seigneur, sous peine de n’être chrétien que de nom.

 

Ý

Baptisés dans l’Esprit BP 82

 

« Moi je vous baptise dans l'eau en vue de la conversion; mais celui qui vient après moi... lui, il vous baptisera dans l'Esprit et le feu. » (Matthieu 3, 11)

Pour sa venue dans le monde, Dieu a besoin d'une longue préparation. Plus exactement, il veut une vraie coopération de la part des humains: Au long des siècles: des rois et des prophètes. Au derniers temps : Marie et Joseph, Jean-Baptiste et ses parents, des bergers et des rois-mages.

Aujourd'hui, Dieu attend que nous soyons, chacun personnellement, un relais de tous ces annonceurs et témoins de l'histoire. Il attend que nous fassions un grand nettoyage, au moins, chacun devant sa porte et à l'intérieur de sa maison, afin qu'il puisse envoyer son Esprit pour renouveler la face de la terre.  

Ý

 

Dieu guérit nos blessures  BP 83

 

« Vraiment la vie de l’homme sur la terre est une corvée…, je ne compte que des nuits de souffrance » s’écrie Job.

Nous savons que Job ne souffre pas seulement de la maladie, mais de la perte de ses enfants,  de l’incompréhension de son épouse et de ses amis, et surtout du silence de Dieu. Il se voit abandonné de tous.

Ce qui a sauvé Job, c’est sa foi dans l’homme, dans la valeur de « la chair » qui mérite d’ être sauvée. « Je sais que mon Rédempteur est vivant »  dit-il.

Nous ne sommes pas maître de notre vie, mais Dieu nous a donné ce pouvoir de mener notre vie en pleine liberté. Notre blessure ne serait-elle surtout pas cette paralysie qui nous rend incapable de croire en nous-mêmes

Ce que le Seigneur a dit à Paul, il nous le dit aussi à chacun d’entre nous : « Ma grâce te suffit! »

 

 

Ý

Tentés comme Jésus BP 84

 

Nous sommes tentés comme Jésus devant une responsabilité à prendre:

Est-ce pour satisfaire notre ambition?  Si oui, notre intérêt personnel l’emporte sur le reste .

Est-ce pour répondre à un appel au service des autres?  Si oui, l’amour du prochain oriente notre action.

Est-ce pour la gloire de Dieu? Si oui, la Foi nous éclaire et nous guide sur le chemin de la vie.

Dans le premier cas, nous avons des satisfactions, mais nous serons aussi tout seul à affronter la vie.

Dans le deuxième cas nous avons des renoncements à faire, mais nous serons entourés et soutenus.

Dans le troisième cas, nous avons la Croix à porter, mais Dieu nous accompagne.

A chacun de faire le choix . Les tentations ne sont donc pas inutiles pour l’exercice de notre liberté.

 

Ý

 

Glorifie ton Fils BP 85

 

Au désert avec Jésus, nous avons appris à dépasser nos intérêts personnels pour nous mettre au service des autres.

Nous avons vaincu  notre peur devant l’épreuve de la croix pour la  gloire de Dieu

Nous avons compris que le Don de la Foi, n’est pas seulement une force qui nous porte

mais surtout la personne même de Jésus qui nous fait vivre.

Il s’agit pour nous d’accueillir Jésus : sa vie et sa mission.

Une vie totalement donnée pour révéler aux hommes l’amour infini du Père

Une mission pleinement assurée pour conduire l’humanité entière vers Dieu

C’est pourquoi la Bonne-Nouvelle n’est pas qu’une Parole à proclamer,

mais surtout un témoignage à manifester, dans la mesure où le chrétien entre dans la filiation divine.

La résurrection, la vie éternelle commence  dès que nous nous mettons en marche à la suite de Jésus.

 

Ý

Le Bon Pasteur  BP 86

 

Le Pasteur est celui à qui une vie est confiée . En premier lieu, nous pensons aux parents, aux frères et sœurs, aux amis.

Mais ceux qui croient en Dieu-Père, ils sont pasteurs les uns pour les autres, parce qu’ils sont tous frères et sœurs.

Et pour nous, chrétiens, à la suite du Christ, nous sommes appelés à devenir, pas seulement «pasteurs» mais «Bons Pasteurs»,  capables de «donner notre vie».

Donner sa vie «à l’image du Père» c’est d’abord «aimer» les autres comme Jésus a aimé, car l’Amour seul est capable de «sauver» ceux qui sont fragiles, égarés, perdus… et ils sont nombreux dans nos familles, dans sociétés actuelles.

Heureux les miséricordieux car ils ont  un cœur sensible qui vibre au moindre appel, au moindre souffle. Un cœur qui ne s’arrête pas de battre.

Heureux les miséricordieux, car l’amour dans leur cœur ne mourra jamais.

P. Jean-Baptiste

 

Ý

Sainte Trinité  BP 87

Rassemblement diocésain

 

Mystère insondable mais qui nous est donné pour la contemplation et la pratique de la vie humaine.

Quand Jésus dit à ses disciples d’aller dans le monde entier pour annoncer la Bonne Nouvelle et baptiser les hommes au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, il révèle en même temps le visage de Dieu et le cheminement que tous les hommes auront à prendre.

Les « mots que tu nous dit » Jésus, nous appellent à faire l’unité de notre vie, à vivre   dans la communion avec les autres ; ils nous engagent à construire des liens entre les peuples, à bâtir la paix dans le monde.

Chaque action que nous menons dans ce sens, nous rapproche de Dieu. Nous ressemblons, au jour le jour, à l’image de Dieu révélée par Jésus

P. Jean-Baptiste

 

Ý

Année sacerdotale  BP 88

 

Le Pape a placé cette Année sacerdotale sous le patronage de Jean-Marie Vianney, dont nous célébrons justement les 150 ans de la mort.

Les prêtres sont institués pour être collaborateurs des évêques, associés à eux dans la fonction sacerdotale au service du peuple de Dieu. Configuré au Christ, Prêtre souverain et éternel, le prêtre est consacré pour annoncer l’évangile, pour être le pasteur du peuple de Dieu et pour célébrer la liturgie, surtout en offrant le sacrifice du Seigneur.

Saint Pierre applique au peuple baptisé la parole que le Seigneur avait dit au peuple Israël : Je vous tiendrai pour un royaume de prêtres et une nation consacrée (Ex 19,6). Il invite les chrétiens à devenir un sacerdoce saint, en vue d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par le Christ (I Pierre 2,5,9). Pour Paul, les membres du corps du Christ participent au sacerdoce de leur chef. Aussi peut-il dire : Je vous exhorte, frères, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre (Rm 12,1).

C’est donc la communauté des croyants en tant que telle qui est sacerdotale. Chacun de ses membres doit faire de sa vie une offrande, un sacrifice à Dieu. Les fidèles exercent leur sacerdoce en participant à la liturgie, spécialement en offrant le sacrifice eucharistique, mais aussi dans toutes leurs activités familiales et sociales. C’est là qu’ils porteront témoignage au Christ et rendront raison de l’espérance qui est en eux (Vatican II, Lumen Gentium 10).

P. Jean-Baptiste

Ý

 

Mission du prêtre  BP 89

 

Il y a quelques temps, les prêtres, pour être reconnus, devaient s’engager à fond dans les mouvements d’Action catholique.  Pour favoriser cet engagement, certains prêtres suggéraient même la suppression de la catéchèse.

En 1976, lors d’une réunion d’équipe des prêtres dont je faisait partie, la question m’a été posée par un confrère parisien:

- Quel sens donnes-tu à ta Mission?

Réponse: Je ne vois pas la Mission que dans l’action, je la vois aussi dans la Spiritualité. Je me méfie de l’activiste : on peut être l’activiste même en disant la messe depuis le matin jusqu’au soir.

Je pense que la mission c’est d’abord que les gens s’acceptent, s’écoutent.

Je crée donc des rencontres, je favorise les recherches spirituelles.

-Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu? Question posée à Jésus dans l’évangile de ce Dimanche (Jean 624-35) .  L’œuvre de Dieu, répond Jésus, c’est que vous croyiez  en Celui qu’il a envoyé.

Nous sommes toujours tiraillés entre « action » et « contemplation ». La « rentabilité » nous hante. Or la Foi est comme l’amour: elle est de l’ordre de la « fécondité » et non pas de la rentabilité.

P. Jean-Baptiste

Ý

La rentrée 09

 

Nouvelle étape d’activités : scolaires pour les enfants et les jeunes, professionnelles pour les adultes.

Mais rentrer par quelle porte?

La porte d’activités nous renferme de nouveau, dans le fonctionnement, dans les structures, dans les résultats et les réussites qui parfois nous assomment, souvent nous dépriment et toujours nous fatiguent.

La porte du renouveau, de  la découverte, de la création qui nous met en défi à l’égard de nous-même. Elle nous force à nous dépasser. C’est la porte de la vie, très exigeante, mais elle procure la joie et la paix.

« Je suis la porte » dit Jésus. La rentrée paroissiale doit être un retour à la Communauté de Foi,  une conversion vers le Seigneur qui est, comme nous le savons, le Chemin, la Vérité et la Vie.

 

Bonne rentrée à vous tous

P. Jean-Baptiste

 

Ý

 

La catéchèse, une éducation BP 91

 

 

Tout être humain a besoin d’être « conduit » , à plus forte raison, quand il s’agit d’un enfant. Pour lui, les parents sont premiers éducateurs . La famille, première école.

 

Le but de la catéchèse, n’est pas d’abord la transmission d’un savoir, mais la découverte de Jésus, et grâce à lui, les autres personnes, comme enfants de Dieu. 

 

Catéchèse familiale, catéchèse en équipe, catéchèse paroissiale; rassemblement, célébration, messe… , toutes ces pratiques visent à éveiller les enfants aux « relations », c’est  le sens même du terme « religion ».

 

Quel autre chemin d’éveil pourrions-nous trouver pour nos enfants, sinon celui de Jésus ? « Je suis le Chemin »  dit-il ,  le Chemin qui conduit à la Vérité et la Vie.

 

Nous sommes tous, engagés à accompagner les enfants sur le chemin de la vie.

 

P. Jean-Baptiste

Ý

 

Prière pour les Défunts  BP 92

 

« Prier pour les morts c’est penser à eux » disait un enfant du catéchisme. En effet, la meilleure manière de penser à quelqu’un c’est de prier pour lui. Car la prière ne nous empêche pas seulement de porter un jugement sur quelqu’un,  elle nous aide surtout à nous placer sous le regard de Dieu.

 

Les Défunts sont considérés comme ceux qui ayant accompli la vie, se reposent maintenant dans la paix. Or nous avons connu des personnes qui n’ont pas pu accomplir leur vie et qui quittent cette terre avec regrets, soucis et angoisse.

 

Prier pour les Défunts, c’est reconnaître qu’ils sont accueillis, tels qu’ils sont,  dans la maison du Père; qu’ils sont transformés par la miséricorde infinie de Dieu; qu’ils font partie de la Communion des Saints.

 

Ceux que nous avions aimé plus ou moins, ou pas du tout, sur cette terre, se trouvent maintenant dans la plénitude de l’Amour divin . Ils sont des Bienheureux et  ils veillent sur nous.

 

Prier pour les Défunts, c’est orienter notre vie sur le chemin des Béatitudes.

P. Jean-Baptiste

Ý

 

Le pain de vie  BP 99

 

Le pain est la nourriture principale de l’homme. Et l’homme ne l’a pas trouvé tout cuit sur un arbre ou sur un terrain. Il l’a soigneusement fabriqué.

De fait, le pain « fruit de la terre et le travail de l’homme », est le résultat de toute une chaîne de construction humaine:

- Labourer la terre

- Jeter la semence

- Moissonner le blé

- Moudre le grain

- Panifier la farine

- Cuire le pain

- Porter sur la table

- Couper le pain

- Partager

 

Manger le pain, c’est entrer dans cette chaîne de solidarité

Manger le pain de Jésus, c’est partager le Don de l’Unité, de la Charité

Célébrer l’Eucharistie pour faire mémoire de Jésus, c’est  devenir ce que nous recevons : « pain rompu pour un monde nouveau. »

 

P. Jean-Baptiste

Ý

 

Prêtre d’aujourd'hui BP 100

 

 

Don Giuseppe Quadrio (1921-1963), doyen de la faculté de théologie de Turin, aujourd’hui en instance de béatification, écrivait, en 1960, à ses anciens élèves devenus prêtres, ces phrases lourdes d’expérience : « On peut être un prêtre désincarné, en qui le divin n’est pas parvenu à assumer une humanité véritable et complète. Nous avons alors des prêtres qui ne sont pas des hommes authentiques, mais des larves d’humanité ; des martiens descendus du ciel, inhumains et étrangers, incapables de comprendre et de se faire comprendre des hommes de leur temps et de leur entourage. Ils oublient que pour sauver les hommes, le Christ est descendu… s’est incarné… s’est fait homme, a voulu devenir en tout point semblable à eux, sauf en ce qui concerne le péché. Si nous voulons être des ponts entre les hommes et Dieu, il faut que la tête de ce pont soit solidement amarrée à la rive de l’humanité, accessible à tous ceux pour qui il a été bâti. » (Extrait du Carême au Vatican 2010)

 

P. Jean-Baptiste

 

Ý