Table des matières                                                                                                                                    Qui est l'homme

Stabilité des espèces : l'enquête

Auteur : Olivier Nguyen    Editeur : Jubilé    Nombre de pages : 360

Un jeune prêtre livre une enquête ­passionnante sur le vivant, qui met à mal la théorie ­darwinienne de l’évolution.

Les conséquences de la théorie de l’évolution sont partout prégnantes. Conception mécaniste de l’humanité, marche inéluctable vers le « progrès », relativisme, vision sub­jective de la vérité… mais aussi permissivité morale, dans une société qui a évacué la notion de nature et toute référence à un ordre extérieur objectif.

L’enjeu de l’enquête du Père Olivier Nguyen est de refonder la notion de nature à partir de ce qui est le plus familier à l’homme : le vivant. Un travail qui trouve sa pertinence dans les plus récentes ­données de la science, notamment la génétique et la paléontologie. La recherche scientifique n’est pas poursuite du seul progrès technique, mais explo­ration d’une harmonie déjà présente. Capable de s’émerveiller devant le cosmos et le miracle de la vie, l’homme aspire à découvrir la vérité. Ainsi, l’espèce est d’abord « une réalité à accueillir, réalité qui structure tout le domaine du vivant ». Alors qu’avec Darwin, le sens même d’espèce n’évoquait plus qu’un substrat en perpétuel changement, donc insaisissable.

Ni évolutionnisme ni créationnisme

Confronté en pastorale à la question des ­origines, mais aussi poussé par « un souffle intérieur », ce jeune prêtre du Var a entrepris cet énorme travail interdisciplinaire, soutenu par les scientifiques Jacques Vauthier et Pierre Perrier. Linguistique, génétique, biologie, histoire naturelle, philosophie, théologie et même mystique : sept disciplines, comme autant d’éclairages sur une même réalité, viennent corroborer la constatation que « les espèces sont stables ».

Maniant des données aussi variées que le boson de Higgs, la mitose ou la spiration trinitaire, l’auteur met en lumière une permanence immuable. Affirmer que les espèces sont stables, c’est dire qu’elles sont déterminées, fondées sur elles-mêmes, ayant une nature propre, unique, qui se transmet à ­travers la reproduction et perdure dans le temps. Les changements ou évolutions que peuvent connaître les espèces ne sont que mineures et ne portent pas sur leur structure. Mieux : cette capacité d’adaptation au milieu est inscrite au cœur même de leur nature, et ne vient que renforcer leur assise. En témoignent les « taxons Lazare », ces espèces considérées comme éteintes il y a plusieurs millions d’années et redécouvertes vivantes et intactes aujourd’hui. Le cœlacanthe en est l’illustre exemple.

Se dévoile alors une vision de la Création tout autre que celle d’une perpétuelle évolution, ­hasardeuse et sélective. Chaque espèce, même si elle ne contient qu’une seule cellule, se révèle d’une extrême complexité. Non, l’homme ne peut descendre du singe, puisque aucune espèce ne peut en donner une autre ! Non, le hasard ne peut expliquer la survenue du vivant à partir de la seule matière ! Pour le Père Nguyen, il faut un certain « acte ful­gurant de création » à l’origine de chacune des espèces. Cet acte « ne dit pas que toute la Création s’est faite en même temps. Il dit projet pensé en amont, ordonné, formant un tout profondément uni, mais dont la réalisation à l’échelle du temps peut être échelonnée ». Ni évolutionnisme ni créationnisme donc.

Avec leur profusion d’informations, de démonstrations, les premiers chapitres donneront matière à penser à tous (avec parfois des passages techniques un peu ardus), jusqu’aux purs scientifiques et aux agnostiques. Mais pour qui veut bien se ­laisser conduire, la philosophie, la théologie et surtout la mystique, emmèneront le lecteur plus loin. Il ne s’agit plus seulement d’affirmer que les espèces sont stables et ordonnées, mais qu’elles le sont en vue d’une finalité. Toute la Création, et l’homme en particulier, est invitée à partager la gloire de Dieu.

Dans la préface, le mathématicien Jacques ­Vauthier prédisait que cette enquête ne ­manquerait pas de « susciter des controverses ». Mais « en ces temps de politiquement correct, on a besoin d’être emmené au large […] pour déboucher sur une contemplation s’épanouissant en une action de grâce ». Nous partageons cet avis.

Raphaëlle Simon

Famille chrétienne

pour aller plus lois :  http://stabilitedesespeces.org